SEVEN SALEM EN BREF
Un soupçon de sorcellerie, une pincée de pouvoir, une poignée de péché, un poil de liberté et un bon gros morceau d'étrangeté. Mélangez le tout et obtenez Salem, ville de recommencement. Un havre de paix bizarre, mais agréable. Un lieu de magie et de surnaturel, de spectacle et de jamais vu. Salem est là pour te surprendre jeune Sorcier, et elle compte bien réussir. Elle enivrera tes sens peu importe qui tu es et où tu vas, tout en te laissant cette liberté que tu n'as jamais eu. Tu seras libre d'oublier ton passé et tes erreurs, pour te concentrer sur l'avenir.
ÉQUIPE DU FORUM
ETHAN C. FITZGERALD
Fondateur
PRÉSENT | MP
KURO KAZUNA
Co-Fondatrice
PRÉSENT | MP
CONTEXTE + GRAPHISME PAR ETHAN | CODES PAR MAMAN CHAT
accueil

Comédie grecque || PV NAWEL ||
Mer 28 Fév - 20:35
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel
Ce soir elle jouait Antigone, fille d’Œdipe, héro de la mythologie grecque et souverain de Thebès. Le destin fatale d’une jeune femme trop idéaliste pour être heureuse.
Pour une fois Oanh ne jouait pas pour elle mais pour un public. Un public ayant trop chèrement payé sa place pour être assis sur les gradins et les sièges face à elle. Non, face à Antigone.
Elle aurait préféré jouer dans les beaux quartiers, là où les théâtres sont trop grands pour un simple regard et la foule aussi nombreuse que les fourmis. Malheureusement faute d’argent pour payer son loyer la jeune femme se contentait de ce que sa notoriété lui permettait : c’est à dire pas grand-chose. Et ce « pas grand-chose » se résumait aujourd’hui à un théâtre modeste ; une estrade pas plus grosse que sa chambre et des éclairages essayant vaillamment de tenir le coup jusqu’à la fin du spectacle. Cette fin d’ailleurs, ils y étaient bientôt. Antigone devait encore être enterrée vivante et se pendre avec sa ceinture. ELLE devait être enterrée. ELLE devait se pendre. Se mouvant dans ce rôle comme dans une deuxième peau, Oanh avait oublié le reste, ne ressentant que l’orgueil, l’entêtement et la solitude de son personnage. Des sentiments qu’elle s’appropriait, la rongeant de l’intérieur comme si c’était elle-même qui avait un jour défié l’autorité de son roi, son oncle, pour finir par devoir en mourir.
Oanh aimait ce rôle incompris, elle s’aimait elle-même. Jusqu’à regretter sa propre mort.

Voilà l’acte final. Rejoint dans le tombeau par son aimé, Antigone se pend avec sa ceinture tandis que celui-ci s’ouvre le ventre avec son épée. La foule ne respire plus. L’amour jusque dans la mort. Fin du spectacle, elle avait bien joué, comme toujours. Elle avait vécu.
Le public se lève tandis que les applaudissements sonores raisonnent dans cette salle trop petite aux lumières trop bancales. Les acteurs s’inclinent, une fois, deux fois, le sourire aux lèvres, fière de leur travail.

« Et merde. »


Cette gamine brune à la peau sombre présente dans le public, elle la connaissait. Malheureusement pour Oanh, cette dernière ne l’avait pas loupé non plus. Nawel n’était pas à proprement parler « horrible ». Non, elle était trop bavarde, trop curieuse, trop agitée et trop collante. En un mot : fatigante. Se fut la rébellion d’Antigone qu’elle ressenti alors. Car malgré la pièce terminée, Oanh elle, ne finissait jamais. Antigone, femme grecque, forte et idéaliste, elle le resterait encore jusqu’à ce que ces yeux se ferment cette nuit dans la pénombre intime de sa chambre. Pour l’heure, le spectacle continuait. Et si elle voulait la paix, mieux valait filer en vitesse par la porte de derrière réservée aux personnels avant que Nawel ne l’intercepte. Retenant avec difficulté son impatience, elle attendit que les applaudissements se taisent et que les acteurs disparaissent enfin de la scène pour filer dans la loge commune qu’elle partageait avec les autres femmes du spectacles.
Mer 28 Fév - 21:40
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth
Les lumières s'éteignent et l'excitation monte. Nawel a hâte, hâte que ça commence. Elle n'attends que ça. Le public semble d'accord avec elle, tout le monde retient son souffle. Et ils ont raison, s'ils savaient ! Nawel elle, elle sait. C'est pour ça qu'elle est là. Pour elle.
Ça aurait pu être n'importe quelle autre pièce, n'importe quelle autre troupe, n'importe quelle autre théâtre... ça n'a aucune importance. Elle est tout ce qui compte.
Les projecteurs s'illuminent et le spectacle commence. La brune sourit.
Parfait.

Ca lui fait bizarre d'être ici. Ce n'est pas un lieu qu'elle a l'habitude de fréquenter.
Pour être honnête, Nawel ne s'est jamais vraiment intéressée au théâtre. Ça ne l'a jamais attiré, jamais marqué. Préférant de loin lire l'oeuvre sur le rebord de sa fenêtre plutôt que de venir voir une pièce.
Du moins jusqu'à ce qu'elle la découvre, elle.
Oanh. Antigone.
Antigone. Oanh.
C'est pour elle qu'elle était là. C'est elle qui a allumé cette flamme  pour le théâtre dont Nawel est consumée depuis peu. C'est à cause d'elle, grâce à elle.
Et ce soir, elle lui offre le plus beau des spectacles.

Incarnant à merveille le personnage d'Antigone. Sa volonté, son entêtement, son amour pour Hémon, son combat contre Créon. Le personnage, non, la pièce tout entière vit. Et c'est sublime.
Nawel est transportée par ce qui se déroule sous ses yeux. Elle qui a toujours aimé l'art, elle ne peut qu'apprécier. Et puis, le talent qu'à Oanh est indéniable. Cela fascine l'étudiante. Comment peut-on être aussi à l'aise sous les projecteurs ? Comment peut-on briller ainsi ?
Elle envie cette aisance et ce charisme.
Il faut qu'elle apprenne. Il faut qu'elle imite.
Il faut qu'elle la fréquente.
Et puis, au fond, Nawel apprécie le personnage. Elle a envie d'être à ses côtés. Besoin de reconnaissance, désir d'exister. Désir tout court. Dommage que ça ne semble pas réciproque.

Mais Nawel ne réfléchit pas à ça. Les sentiments, c'est bien trop compliqué. Surtout quand il s'agit de ceux des autres. Elle se contente d'exister et de s'imposer aux autres, c'est bien plus simple comme ça.
La pièce se termine dans une slave d'applaudissement mérités. Les artistes viennent saluer le public, le sourire aux lèvres, exténués mais fier de leur performance. Et puis ils disparaissent dans les coulisses.
C'est le moment qu'attendait la brune. Se faufilant entre les clients, cherchant à quitter le petit théâtre pour rejoindre l'air frais. Une fois dehors, Nawel se faufile à l'arrière du bâtiment, guettant de ses yeux bleus une porte, la porte. C'est par celle-ci que les artistes ont l'habitude de quitter l'endroit. Nawel le sait, elle s'est renseigné. Elle est aussi prête à parier que c'est par là que l'Antigone de ce soir sortira. Alors, adossée contre le mur du théâtre, elle attends avec impatience qu'une chevelure écarlate apparaît devant ses yeux.
code by lizzou × gifs by tumblr
Jeu 1 Mar - 9:53
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel
Vêtue d’une robe blanche et sale, maculée du sang d’Hémon, son costume pour la dernière scène, son visage était légèrement maquillée de manière à paraître beaucoup plus pâle que son teint doré initial -après tout elle était censée être morte... Oanh hésitait. D’ordinaire elle aurait du se changer, rendre cette robe qui n’était pas la sienne et démaquiller ce visage qui n’était plus le sien. Malheureusement en prenant son temps elle n’était pas certaine de parvenir à quitter le théâtre sans rencontrer comme par hasard son cauchemars de l’instant. Nawel, qui ne manquerait pas de la questionner pour tout et n’importe quoi. Non ce temps elle ne l’avait pas. Antigone resterait habillée comme Antigone encore un moment. Encore pour une vie.
Les autres femmes de la troupe la félicitèrent. Chaleureusement ou non.  Certaines semblaient ravis de la prestation, heureuses de n’exister qu’au second plan et faisant à peine parti des personnages secondaires. D’autres la jalousaient, elle le savait. Les petits regards en coin ne trompaient personne. Pas Antigone. Et elle s’en fichait. Si elles voulaient le premier rôle, qu’elles viennent donc le chercher. Au lieu de fermer les yeux et d’attendre que le monde tourne. Car un jour, il ne tournera plus pour personne.

Ignorant donc les regards curieux, Oanh se regarda une nouvelle fois dans le miroir de la loge. Enlevant rapidement sa perruque noire et la rangeant avec dextérité à sa place initiale, bien alignée avec les autres, ses cheveux roux lui semblèrent maintenant beaucoup trop intense en contraste avec sa peau exagérément pâle de morte. Les détachant pour les laisser cascader sur ses épaules, Oanh se retourna et quitta la pièce sans un mot. Sans un remerciement. Sans un compliment. Elle n’avait plus le temps, elle ne l’avait jamais eu. Les regards la suivirent jusqu’à ce que la porte se ferme avec force. Toutes avaient remarqué que la jeune femme, la vedette de la soirée portait encore son costume de scène en les quittant, laissant ses propres affaires soigneusement rangées dans l’armoire. Toutes avaient vu dans ses yeux, briller le regard intense d’Antigone. Oanh elle, ne reviendrait dans ce monde que plus tard.

Ouvrant brusquement la porte, la rouquine s’arrêta, interdite. Nawel l’avait devancée. Adossée contre le mur ses intenses yeux bleus la transpercèrent. Aussi prit-elle une mine froide et insensible, croisant les bras sous sa poitrine et grimaçant intérieurement. Le faux sang commençait à devenir poisseux sous ses bras nus.

« Encore toi. Tu viens contester ma mort ? Me voler mon amant et envahir la Grèce ? »

Peut-être pouvait-elle courir. Courir jusqu’au bout du monde et ne jamais s’arrêter. Alors la petite brune lui foutrait peut-être la paix et trouverait une autre victime sur laquelle exercer ses lubies du moment. Mais fuir ne servait à rien, elle le savait. Antigone ne fuyait pas, elle combattait. Avec honneur , idéalisme et fanatisme ridicule. Même sa mort n’était que rébellion face à Créon. La mort n’est pas lâche, c’est le commencement du reste.
Jeu 1 Mar - 22:39
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth
Puis la porte s’ouvre, et devant ses yeux apparait celle pour qui elle est là : Oanh. Lorsque cette dernière découvre Nawel, elle affiche un mine surprise. Visiblement, elle ne s’attendait pas à la trouver là. L’air interdit d’Oanh fait légèrement sourire Nawel. Ca l'amuse de voir qu’elle est capable de la surprendre ainsi, dans le mauvais ou dans le bon sens du terme.

" Encore toi. Tu viens contester ma mort ? Me voler mon amant et envahir la Grèce ?"

Et ça lui arrache un nouveau sourire. Bah, la brune aurait dû s’y attendre. Oanh est toujours plus ou moins désagréable avec elle, à chercher la petite bête, à prononcer des mots qui fâchent. Nawel ne s'en plaint pas. C’est ce qui fait la saveur de leur relation. C'est pur ça que c'est intéressant.
Si Nawel réagissait normalement, elle se vexerait sans doute. Mais elle est loin de faire partie de la norme. Le caractère de la comédienne, plutôt que de la faire abandonner, à tendance à la stimuler encore plus. Chaque refus, chaque pique lancé à son égard lui donne encore plus envie de gagner cette espèce de bataille mentale. Oanh finira par accepter Nawel, un point c’est tout.

"Bonsoir Oanh. Ca va, merci. Et toi ? Moi aussi je suis contente de te voir !"

C'est de la fausse politesse. Le ton est plaisantin et elle rit légèrement. Elle a l'habitude de ce genre de réactions et décide de rentrer dans la danse.
Les yeux brillants, contrastant avec le masque froid et distant que porte la rousse, Nawel hausse les épaules.

"Conquérir la Grèce ? Pourquoi pas, ça peut-être intéressant."

Elle fait semblant de réfléchir. Conquérir la Grèce est loin de faire partie de ses projets. De toute façon, coincée dans ce nouveau monde, elle ne peut pas grand-chose. Si elle devait conquérir un endroit, ce serait celui-ci : Salem.
Mais qui sait, peut-être qu’un jour elle trouverait le moyen de retourner là d’où elle vient. Dans son monde, le vrai, dans sa réalité. Et si une telle occasion se présentait, serait-elle prête à faire le chemin arrière ? Nawel n’en a aucune idée, elle n’y a jamais vraiment réfléchi. Elle a finie par s’accommoder à ce monde, et malgré les milles questions qui torturent son esprit, sa nouvelle vie lui convient.

"Cependant je te rassure, te voler ton amant ne m’intéresse pas. Surtout si c’est pour que tu finisses par te donner la mort. Je n’ai pas envie de perdre ainsi, je ne suis pas Créon."

Pour elle, Antigone n’est que révolte et rébellion, et ce tout le long de l’œuvre. Elle affronte son oncle avec honneur, conteste son destin avec bravoure. Elle le fait avec utopie et sans doute une once de folie. Beaucoup diront qu’elle l’a fait en vain, causant sa mort et celle de son amant. Dernier acte fou de contestation. Mais la brune n’était pas d’accord. Pour elle, ce n’était pas vain, au contraire. N’est-ce pas la plus belle manière de mourir qu’en se battant pour ce que l’on croit ?

"Je te raccompagne."

Ce n’est pas une question.
code by lizzou × gifs by tumblr
Ven 2 Mar - 13:16
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel
Oanh aurait presque tapé du pied et rouspété, pour la simple raison qu'elle aimait le faire. Malheureusement elle doutait que ce geste ai une quelconque influence sur Nawel, aussi se contentait-elle de la fixer en fronçant les sourcils.

« Bonsoir Oanh. Ca va, merci. Et toi ? Moi aussi je suis contente de te voir ! »

Et elle en riait. A croire que stalker Oanh, la déranger pendant ses représentations et se payer ensuite sa tête étaient là ces seules motivations de la journée. Elle l'imaginait bien le matin, penchée sur sa liste de chose à faire. Et entre ''racheter du PQ'' et ''repeindre les volets'' il y avait son nom. Embêter Oanh. Poser des questions débiles à Oanh. Suivre Oanh et ne plus jamais la lâcher jusqu’à la fin du monde et plus encore. A ce rythme, elle devrait bientôt acheter un répulsif à gros insectes collants et s'en asperger matin, midi et soir. Non pas que Nawel soit repoussante. Loin de là. Elle était même très mignonne avec son teint mate, ses cheveux bruns en carré et ses grands yeux bleus semblant ne rien rater du monde et de ses secrets. Ba… les insectes peuvent parfois avoir du charme eux aussi.

« Conquérir la Grèce ? Pourquoi pas, ça peut-être intéressant. »

La rousse hausse les sourcils, ses yeux noirs la transpercent de bas en haut et de haut en bas d'un air dédaigneux. Ayant elle-même eut la chance de passer quelques semaines à jouer dans les théâtres grecques durant sa jeunesse, l'idée de conquérir le pays ne lui avait jamais traversé l'esprit. Oanh elle, conquerrait les esprits. Mais ça, c'était une autre époque, une autre vie. Celle d'une enfant cherchant quelque chose qui n'existait que dans son coeur dans un monde bien loin de Salem. Bien avant Salem. Depuis elle avait oublié tous ces pays qu'elle avait bien pu visiter, les yeux écarquillés et l'esprit grand ouvert. Mais la Grèce, elle s'en souvenait. Presque comme Antigone.

Et la voila qui lui sortait que non, elle ne voulait pas de son amant. Non elle ne voulait pas perdre et non elle n'était pas Créons. Ca c'est sûr...
En surface, la rousse gardait cette expression froide et hautaine, l'air de vouloir écraser Nawel jusque dans les entrailles de Salem. Mais intérieurement, Oanh fini par sourire. C'était toujours comme ça. Nawel lui tombait dessus par hasard, sans qu'elle veuille de sa compagnie collante et exaspérante, sortait quelques répliques bien placées et Oanh souriait intérieurement. Sans pouvoir s'en empêcher. Car elle devait bien avouer que leurs joutes verbales et leurs petites pics l'amusaient beaucoup. Parfois. Mais ça elle ne n'avouerait pour rien au monde. Alors ses pensées, elle les enfouissait sous celles de son rôle du moment, son sourire caché derrière la mine déterminée et froide d'Antigone.

« Je te raccompagne. »

Ba voyons.
Ignorant royalement s a proposition qui n'en était pas une, Oanh la dépassa pour s'engager dans les ruelles. Nawel la suivrait, elle n'en avait aucun doute, aussi elle ne retourna pas lorsque la conversation se poursuivit.

« Je doute que la Grèce tienne bien longtemps face à toi… ho oui elle tomberait d'ennuie. Un si beau pays dévasté… quel dommage !»

Petit geste théâtrale de la main tandis que sa voix était volontairement trop forte, trop sur-jouée, trop Oanh.

« D'ailleurs tu peux cocher ''harceler Oanh'' de ta liste de course, tu m'énerves déjà. »

Ou alors commençait-elle tout juste à s'amuser.
Ven 2 Mar - 14:44
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth
Oanh, la mine renfermée, s’engage dans la ruelle, aussitôt suivit par Nawel. Cette dernière n’a pas besoin de son autorisation pour la suivre, c'est déjà prévu. Elle a conscience que son attitude peut paraître déplacée, voir carrément frôler le harcèlement vu de l’extérieur. Mais avec Oanh, c’est différent.
Elle sait que malgré les remarques désobligeantes que la rousse est capable de lui sortir, Nawel à le droit d’être là.  Elle sait que dans le fond, ça ne la dérange pas. C’est un accord tacite, un pacte silencieux qui existe entre les deux demoiselles. Alors elles se parlent à travers leur pseudo-joute verbale et des mots plus ou moins blessant.
Cela dit, si un jour Oanh en a vraiment marre, celle-ci sera tout à fait apte à comprendre. Son but premier n’est pas de la harceler, loin de là. Elle veut juste passer du temps avec elle, et ce tant que la comédienne voudra bien la tolérer à ses côtés. Le respect de l’individu, c’est important.

"Je doute que la Grèce tienne bien longtemps face à toi… ho oui elle tomberait d'ennuie. Un si beau pays dévasté… qu'elle dommage !"

Nouveau rire. Aah, comme ça lui avait manqué ! Nawel ne se vexe pas, bien au contraire. La répartie d’Oanh est savourante. La rousse mêle le geste à la parole, balayant l’air de sa main. Sa voix est forte, son ton surjoué.
Bien, c’est l’heure de rentrer dans la danse.

"Je sais. Personne ne tient très longtemps face à moi. Je suis tellement au dessus."

Cependant, Nawel n’est pas entièrement d’accord. Elle est loin d’être une personne ennuyante ! Au contraire, personne ne peut s’ennuyer à ses côtés. Son esprit n’est qu’effervescence.  De nouvelles idées, de nouveaux projets et de nouveaux intérêts y germent en permanence.

"Par contre, désolée de te contredire..."

Elle n’est pas désolée du tout.

"S’il y a une chose que je ne suis pas, c’est ennuyante. Après-tout, ne suis-je pas en train de te divertir à l’instant même ?"

La probabilité qu’Oanh confirme ses dires est frôle le zéro, Nawel le sait. Trop fière, la rousse est plus du genre à la contredire qu’à aller dans son sens. Et tant mieux, sinon ce ne serait pas amusant, et Nawel en serait déçue.
De toute façon, quoi qu’en dise Oanh, elle sait qu’elle a raison. Mais bon, même elle, elle ne l’avouera jamais. En aucun cas elle lui dira que les conversations qu’elle tient avec elle sont absolument grisante. Oanh à la capacité d’être incroyablement tenace, poussant Nawel toujours plus. Et c’est ça qu’elle aime.
Mais bien sûr, elle a trop de fierté pour le dire clairement… trop orgueilleuse.

"D'ailleurs tu peux cocher ''harceler Oanh'' de ta liste de course, tu m'énerves déjà."

Elle hoche la tête comme pour confirmer, puis affiche un air faussement étonné.

"Comment as-tu deviné que je tiens une liste des personnes que je dois embêter chaque jour ? Tu m’impressionne ! En tout cas ne t’en fait pas, dès que je rentre chez moi je m'empresserai de cocher ta case."

Les bâtiments défilent devant leur yeux au fur et à mesure que les deux jeunes femmes avancent. La brune se dit qu’elle commence à avoir faim. Manger chez elle n’est certainement pas une bonne idée, elle risquerait de mettre le feu à son appartement pour la 4ème fois en deux semaines. Quitte à choisir, elle préfère s’acheter un truc en ville.
Voyant pas mal de petit restorants aux alentours, une idée naît dans son esprit. Elle lâche:

"Hé, Antigone. T’as faim ?"

Elle se tourne vers la comédienne, plongeant ses yeux bleus dans les siens. Le temps de sa demande, Nawel est parfaitement calme. C’est une sorte de trêve. Elle parle normalement, abandonnant tout sarcasme. La proposition est sérieuse et amicale. La danse reprendra après.
code by lizzou × gifs by tumblr
Ven 2 Mar - 18:20
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel

Elle la suit. Évidemment qu'elle la suit, comment pourrait-il en être autrement. Oanh avait parfois l'impression d'être un bonbon pour la jeune brune. Acidulé et piquant mais terriblement tentant. Une sucrerie dont on connaît l'amertume à l'avance, mais dont on ne peut s'empêcher d'y goûter et y re-goûter encore. Nawel c'était pareil. A force, elle devait connaître toutes les réactions d'Oanh face à ses taquineries, mais elle continuait. Au moins personne ne pouvait lui enlever son entêtement. Elle devait forcément savoir que la rousse pestait et se retenait de taper du pied comme une gamine en sa présence. Et pour cause, elle la cherchait continuellement, comme une enfant courant derrière le marchand de bonbon pour en redemander encore et encore. Serait-elle un jour satisfaite ? Oanh avait déjà pensé lui révéler ses petits secrets ou astuces de comédienne histoire de freiner sa curiosité. Histoire qu'elle passe à autre chose et la laisse tranquille. Mais elle ne l'avait pas fait. Peut-être fallait-il croire qu'elle n'aimait pas tant que sa la tranquillité… ou que finalement, le désordre nommé Nawel n'était pas si dérangeant.

Le rire de la brune la fit sourire. Peut-être qu'elle devrait essayer de la faire pleurer, un jour.

 « Je sais. Personne ne tiens très longtemps face à moi. Je suis tellement au dessus. »

Évidemment. Oanh lève les yeux au ciel et soupire. Une Orgueilleuse hein.

 « S'il y a une chose que je ne suis pas, c'est ennuyante. Après-tout, ne suis-je pas en train de te divertir à l'instant même ? »

Un peu. Un peu plus que ça même. Elle le pense mais ne le dit pas, ne le dira jamais. Le terme ''ennuyante'' ne lui allait pas du tout effectivement, la rousse avait lancé ça pour la piquer et la taquiner un peu. Et ce n'était que le début. Par contre si il y avait un adjectif pour la décrire, Oanh ne se gêna pas pour le lui dire, un demi-sourire cruel aux lèvres.

« Non toi tu es juste collante. Tu me divertis autant que cette vielle dame juste là ou encore ce marchand qu’on dirait sorti d’une tombe. »

Sur ces mots la jeune femme lui indiqua d'un geste du menton une vieille dame marchant difficilement avec sa cane et un homme près de son étale de légume, trouvant apparemment la vie ridicule et sans saveur vu la mine dénuée de toutes expressions qu'il exposait à ses clients inexistants. Évidemment, Oanh n'imaginait même pas tenir une seule seconde en leur compagnie sans devoir se tirer une balle dans le pieds pour prétexter une urgence et fuir un ennui qui la tuerait certainement plus rapidement qu'une hémorragie.

Ignorant sa réplique sur la fameuse liste de personne à embêter, la jeune femme continuait de marcher d'un pas lent dans les rues. Elle ne doutait pas un seul instant que celle-ci soit plus grande que sa propre liste de cadeaux pour Noël quand elle était gamine. Et pourtant… elle n'était pas une Envie pour rien, ça c'est sûr.

Elle lui proposa de s'arrêter manger quelque part. Vraiment ? Et sans petites pics ou blagues rabaissantes en plus. Mais Oanh ne pouvait le nier… elle commençait à avoir faim. Très faim. Le théâtre n’est pas de tout repos et elle avait joué plus d’une heure sur scène, à aller et venir au grès des chapitres, concentrée sur elle-même et sur un public qu’il ne fallait pas décevoir. Jamais. Alors oui, elle avait faim et comptait jusque là sur un bon petit plat préparé vite fait dans la cuisine de son  modeste appartement. Mais un restaurant était tout aussi tentant. Observant attentivement sa compagne du moment, notre jeune alchimiste essaya de deviner quels pouvaient bien être ses goûts en matière de nourriture. Chinois ? Indien ? Libanais ? Honnêtement, elle s’intéressait surtout à ce qu’elle n’aimait pas. Regarder une Nawel obligée de manger un plat qu’elle détestait particulièrement pour faire bonne figure, voila là une situation qu’elle ne voudrait manquer pour rien au monde. Mais à vrai dire il est totalement impossible de deviner ce genre de chose à moins d’en avoir discuter avant ou de connaître particulièrement bien la personne. Aussi Oanh refoula cette idée  dans un coin de son esprit sans pour autant l’abandonner. Ce serait pour une prochaine fois, si bien sûr elle ne finissait pas par l’étrangler avant.
Son regard accrocha une devanture bleu et blanche à l’air assez récent. Un grand sourire sur les lèvres, la jeune femme se tourna vers la brune et lui désigna l’emplacement de la main.

« Antigone à faim. Et quoi de mieux qu’un restau grec pour la rassasier ? Évidemment si tu n’aimes pas et bien tant pis pour toi… moi j’y vais. »

Et c’est sans attendre qu’elle se retourna, traversa la rue et rentra dans ce petit restaurant aux allures à la fois modernes et pittoresques.
Pitié, faite qu’elle n’aime pas le grec.

« Bonjour, une table pour une personne s’il vous plaît. »


Ven 2 Mar - 20:45
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth
"Non toi tu es juste collante. Tu me divertis autant que cette vieille dame juste là ou encore ce marchand qu’on dirait sorti d’une tombe."

Collante hein ? Nawel est incapable de démentir sur ce point, surtout à cet instant. Elle peut dire ce qu’elle veut, ses actes, ses paroles, et surtout sa simple présence aux côtés de la comédienne prouve ses dires. Oanh a visé juste. Mais est-ce si dérangeant ? La brune n’en est pas si sûre.
Après tout, Oanh n’a pas l’air d’être le genre de personne à se plier pour les autres, pas le genre de personne à se laisser marcher sur les pieds. Si elle le voulait vraiment, la rousse serait tout à fait capable de se débarrasser de Nawel, définitivement. Ça, la brune en est persuadée.

Nawel suit l’indication d’Oanh et se met à observer les pauvres passants, victimes à leur insus des mots de la rousse. Une vieille qui marche lentement, le dos courbé, mettant tout son poids sur sa canne. Triste vieillesse. Une pointe de mélancolie s'empare de Nawel. Elle espère que plus tard, elle ne finira pas comme ça, si du moins elle vit jusque là, qui sait.
Ses yeux se posent ensuite sur un homme aussi transparent que l’échoppe qu’il tient. Encore un parfait exemple de ce que la brune ne veut jamais devenir. On dirait que la vie n’a aucune saveur. Triste ironie pour un marchand de légumes frais.

"Navrée que la plèbe ne te satisfait pas, princesse."

Nawel attends. Elle attends la réponse d’Antigone à sa proposition, priant en son fort intérieur qu’elle y réponde par l'affirmative. Un refus la vexerait. Pire, il gâcherait sans doute la soirée qui commençait à peine à devenir vraiment intéressante.

Oanh l’observe, la laissant dans le suspens. A quoi pense-t-elle ? Comment pense-t-elle ? Comment les idées se mêlent et s’entrechoque dans la tête d’une comédienne ? Lui arrive-t-il de perdre pieds face à tous les rôles qu’elle endosse ? S’est-t-elle déjà noyée sous les masques ? S’est-elle déjà perdue ?
Et puis, comment as-t-elle apprit les codes du théâtre ? D’où lui vient ce talent naturel à se tenir au devant de la scène ? Comment fait-elle pour supporter tous ces regards tournés vers elle, le stress, l’appréhension avant chaque représentations ? Sans parler des autres membres de la troupe qui doivent sans doute jalouser son éclat…

Puis Nawel cligne des yeux, revenant à la réalité. Qu’est-t-elle en train de faire, à quoi était-elle en train de penser… Oanh l'obsède au point d’essayer de sonder son esprit ? Non… impossible. Elle n’est qu’une distraction, une bonne compagnie. Elle n’est pas si importante à ses yeux. A moins que…

"Antigone à faim. Et quoi de mieux qu’un restau grec pour la rassasier ? Évidemment si tu n’aimes pas et bien tant pis pour toi… moi j’y vais."

Se prenant en mot, Oanh disparaît à l’intérieur du bâtiment bleu et blanc. Un peu surprise, l’étudiante reprends rapidement ses esprits avant de s’engouffrer à son tour dans le restaurant. Hors de question qu’Antigone la sème à un moment pareil.

"Bonjour, une table pour une personne s’il vous plaît."

"Pour deux !"

Nawel apparaît à ses côtés, lui coupant la parole avec hâte pour rectifier. Elles seront deux à partager une table, ce soir.
Un serveur leur demande de le suivre, les amenant à leur table. Nawel lui emboîte le pas, découvrant une jolie petite table décorée de deux couverts.  La brune s’installe, déposant sa veste sur le dossier. Elle est habillée d’un jean et d’un pull. Style simple mais jolie. Elle n’avait pas prévue de finir au restaurant. De toute façon, sa compagne du soir n’est pas non plus habillée pour l’occasion. Elle est toujours vêtue de ses habits de scène et toujours peinte de faux sang. Nawel n’est pas en face d’Oanh mais bien d’Antigone.
La scène vue de l’extérieur doit être étrange.

On leur sert la carte et Nawel se plonge dans la lecture du menu. En découvrant les plats et spécialités, elle se met à réfléchir. D’aussi loin qu’elle se souvient, elle n’a jamais vraiment goûté aux spécialités grecques. C’est donc nouveau pour elle.

"Je n’ai jamais mangé grecque."

Ses yeux dévalent le menu. Elle n’a aucune idée de ce qu’elle va commander. Il y a tellement de plats, tellement de choix. Tout est tentant, et en même temps, comment savoir si ça va lui plaire ? Bah, tant pis. Elle verra bien. Advienne que pourra.
Nawel dépose le menu sur la table, observant la demoiselle en face d'elle. Si on lui avait dit qu'elle finirait par se retrouver à la même table qu'elle...

"Alors ? As-tu trouvé quelque chose à ta hauteur ? Ou bien ce restaurant n'est pas assez noble pour toi ?"

Sourire sarcastique. Ce n'est pas parce que c'est l'heure de dîner qu'il faut relâcher son attention.
code by lizzou × gifs by tumblr
Sam 3 Mar - 14:58
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel


 « Navrée que la plèbe ne te satisfait pas, princesse. »

Même la plèbe comme elle disait, avait ses hauts et ses bas. Contrairement à l’Orgueilleuse, Oanh ne se sentait pas au dessus des gens et ne recherchait pas ce sentiment de supériorité en animant plus d’un à Salem. De part son péché, elle était l’Envie. La jalousie et le désir. Elle voulait être reine, princesse et roi parce que c’était là ce qu’elle ne serait jamais réellement. Le sentiment de supériorité elle s’en fichait, elle ne connaissait pas, préférant jalouser le monde et s’y brûler les ailes plutôt que de le conquérir et d’y régner. Oanh redoutait parfois le jour où, vieille de mille ans d’émotions et d’aventures elle aurait tout testé. Tout essayé. Alors elle s’ennuierait invraisemblablement, et elle attendrait. Que cette fois, ce soit le monde qui la divertisse. Heureusement pour la rousse ce jour n’était pas près d’arriver.
Aussi Oanh se contente de hausser les épaules, l’air fataliste.

« Je suis une Envie. Rien ne me satisfait. »

Ces quelques mots semblaient représenter toute sa vie. Tout son être. Oanh passe d’une lubie à une  autre, d’un homme à l’autre et change de monde aussi souvent que de vêtement. Elle ne reste jamais, trop attirée par l’éclat d’un nouveau rôle comme le serait un papillon d’une lampe torche. Elle ne comptait plus le nombre impressionnant de fois durant lesquelles la jeune femme s’était brûlée les ailes à force d’approcher l’inapprochable. Ainsi elle avait appris durant sa jeunesse et à ses dépends à ne pas trop s’approcher de certaines personnes au risque d’y trouver des problèmes trop compliqués à résoudre. Malheureusement ses convictions du moments s’éparpillaient aussi vite que les feuilles au grès du vent. Alors elle recommençait, encore et encore à se trouver des problèmes et à vouloir toujours plus. Au moins, Antigone ne risquait pas de s’attirer les foudres...

Le restaurant était mignon. C’est le mot. Pas de ce genre luxueux et riche pour lequel on payerai un plat avec un mois de loyer quitte à s’endetter un an pour se payer la bouteille de vin et faire bonne figure devant ses invités. Au moins ici n’avait-elle pas à s’inquiéter de ses manières, après tout ce n’était que Nawel. Personne à impressionner donc.
Une petite table pour deux leur fut présentée, mignonne elle aussi.

« Je n’ai jamais mangé grecque. »

La rouquine souriait intérieurement. Peut-être n’aimerait-elle pas et finirai par s’en aller manger un steak-frite en solitaire dans la rue d’à coté. Peut-être aurait-elle l’occasion de la voir vomir son plat et se ridiculiser devant les serveurs leur servant aujourd’hui de public.

« Alors ? As-tu trouvé quelque chose à ta hauteur ? Ou bien ce restaurant n'est pas assez noble pour toi ? »

Encore ça ? Oanh fit la moue en fronçant les sourcils. Elle n’était pas d’accord. Elle n’était pas noble ni reine. Elle était Antigone. Une jeune femme recueillant les animaux abandonnés et se salissant les jupes à force de gambader dans les broussailles à des heures inimaginables de la nuit.

« Je tiens à dire que je me sens plus proche du peuple que de la noblesse. Ai-je l’air d’une princesse selon toi ? Je n’ai pas besoin d’argent ou de titre,  c’est le reste qui compte. ''Moi je veux tout. Tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse !'' »

Cette dernière phrase, elle la sortait tout droit du spectacle d’Antigone. D’une scène qu’elle avait joué quelques minutes plus tôt, condamnant les riches et leurs fausses idées du bonheur. Ce contentant de ce qu’ils ont : la richesse et l’oisiveté.
La rousse avait parlé trop fort, peut-être un peu trop dans son personnage révolté. S’en rendant compte elle se calma aussitôt pour continuer sur le ton de la conversation, beaucoup plus léger comme si rien ne s’était passé.

«Tu verras la nourriture grecque est excellente. »

Elle le pensait réellement. Les grecques avaient une convivialité hors du commun et leur petits plats étaient toujours sensationnels. Parcourant le menu du regard, elle-même ne savait pas par quoi se décider. Une Envie avant tout. Alors elle voulait tout, sachant pertinemment que son estomac ne tiendrai jamais la route.

« Tu sais quoi, je vais décider pour toi. Et tu n’as qu’a choisir pour moi où je risque bien de prendre tout le menu. »

Elle disait ça sans plaisanter. Et aimant à la folie la cuisine grecque la jeune femme ne prenait pas trop de risque en laissant sa compagne choisir pour elle.
Oanh se tourna vers la serveuse venant tout juste d’arriver à leur table pour prendre leur commande.

«Pour la demoiselle ça sera un kleftiko de chèvre. »

Honnêtement elle n’était pas sûr que Nawel apprécie, le goût de la chèvre étant spécial. Mais ça serait d’autant plus amusant. Avec ce nom bizarre, elle allait aussi peut-être flipper, bien que ce ne soit en fait que de la viande de chèvre accompagnée de pommes de terre et de légumes cuits au four.
Elle regarda la brune, un petit sourire au coin des lèvres, attendant qu’elle choisisse pour elle.


Sam 3 Mar - 17:14
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth
"Ai-je l’air d’une princesse selon toi ?"

Si elle a l’air d’une princesse ?  Nawel s’arrête pour prendre le temps d’y réfléchir, dévisageant avec intérêt Oanh. Son visage affiche un air sérieux, c’est rare de la voir aussi silencieuse et concentrée. Elle qui d’habitude fonctionne sans s’arrêter, parlant en continue, trouvant toujours de quoi dire, une blague à raconter, quelque chose à faire pour se faire remarquer. Mais là, Nawel est concentrée. La question l’intéresse.

Première chose: à qui l’interrogation s’applique ? Il y a deux cas à distinguer. Doit-elle répondre pour Antigone ou pour Oanh ? Peut-être pour les deux au final, ce qui ferait trois réponses possibles différentes. D’un air un peu mystérieux, la brune demande:

"Tu parles pour Antigone ou pour toi ?"

Et puis, pourquoi fallait-il choisir entre le titre de princesse et la proximité avec le peuple ? Nawel est d’avis que l’un n’est pas forcément antipode à l’autre.

"L’un n’empêche pas l’autre.  Tu peux très bien être une princesse et vivre au travers du peuple. Un statut de noblesse est un titre, rien d’autre. Il faudrait être idiot pour penser qu’un rang fait l’individu. En réalité, ça ne donne aucun pouvoir. Tout le monde peut s’autoproclamer roi ou reine s’il le souhaite. Mais peu sont capables de l’assumer."

Du plus humble marchand de légume au plus haut dirigeant d’une riche famille, chacun peut se considérer noble s’il le veut. Ca ne fonctionnera pas pour autant. Un titre ne vaut rien, ce sont les actes qui comptent. Ce qui définit un individus, ce sont les actions passées ou futures et les souvenirs qui en sont générés.
Les titres et les étiquettes qu’on colle à tout bout de champs sur les gens ne sont qu’une vulgaire illusion d’identité. Ce n’est pas ça qui définit un être humain. Même son nom n’est qu’un mirage.

"Ce sont tes actes qui te définissent."

Cette assertion est le fruit d’une longue réflexion de plusieurs années. Nawel est du genre à se poser des questions existentielles et à chercher la réponse par elle même. Celle des autres ne la satisfaisant presque jamais. Des livres, elle en a lu, des essaies philosophiques, elle en a analysé. Mais à chaque fois, il manque quelque chose.
Il faut qu’elle créer sa réponse à elle, sa vérité. Et bien sûr, ses idées sont biens mieux que chez n’importe qui d’autres. C’est elle qui a raison. Les autres peuvent bien ce qu’ils veulent, ils ont tout de même tort.

"Donc oui, tu peux très bien avoir l’air d’une princesse. Tu peux même avoir l’air de ce que tu veux."

Après tout, Oanh est comédienne. Princesse ou n’importe quel autres rôles lui iraient à merveille si elle s’en donnait la peine. Nawel en est persuadée. Cette fille à du talent, c’est indéniable. Elle pouvait jouer n’importe quoi qu’elle rendrait le rôle saisissant.

"A moins que je te surestime."

Un petit sourire naît au coin de sa bouche, vite remplacé par un haussement de sourcil interrogatif. En entendant la proposition d’Oanh, ou plutôt son ordre.

"Tu sais quoi, je vais décider pour toi. Et tu n’as qu’a choisir pour moi où je risque bien de prendre tout le menu."

Nawel ne s’attendait absolument pas à ça. Dans un sens, ça l’arrange. Ca lui évite de choisir au hasard un plat dont elle ne connait rien. Mais en même temps, peut-elle faire confiance au goût d’Oanh ? Nawel n’aime pas qu’on décide pour elle, elle préfère être maître de ses décisions, de ces actes. Mais bon, pour une première fois dans un restaurant grecque, ce n’est pas si grave.
La brune soupire.

"Si tu veux..."

Et voilà qu’elle doit choisir pour elle maintenant. Tant pis, elle prendra un plat au hasard. Si Oanh n’aime pas, ce sera de sa faute.
Une serveuse arrive pour prendre la commande.

"Pour la demoiselle ça sera un kleftiko de chèvre."

Nawel hausse un sourcil. Un quoi ? Quel est ce plat au nom presque imprononçable ? On dirait le nom d’un médicament pharmaceutique un peu louche. Ou bien le nom d’un mauvais sort pour envoyer une malédiction, au choix. Et elle espère que le plat n’a rien d’une malédiction ou d’un mauvais médicament.

A son tour de choisir maintenant. Après une brève hésitation, elle finit par choisir un nom aussi incongru que son klefftiko.

"Et un stifado de boeuf s’il vous plaît."

Elle n’a aucune idée de ce que c’est, mais le nom l’a inspiré. La serveuse prend commande et récupère les cartes avant de partir vers les cuisines, laissant les deux jeunes femmes seules.

"Je te préviens, si c’est mauvais c’est toi qui paye."

Ton mi-sérieux, mi-plaisantin.
code by lizzou × gifs by tumblr



#003366
Dim 4 Mar - 14:48
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel

« Tu parles pour Antigone ou pour toi ? »

Effectivement cela dépendait. Quelques secondes de réflexions lui suffirent pour reconnaître que même elle, elle ne savait pas. Certaines phrases ou réactions semblaient typiques d’Oanh tandis que d’autres, de son rôle du moment : Antigone.  A vrai dire même elle s’y perdait, s’y retrouvait, pour finir par s’y perdre une nouvelle fois. Un cercle vicieux dont elle dépendait inlassablement. Surprise de pouvoir encore après toutes ces années, s’oublier elle-même et ne vivre que de passion. Car c’était bien là le nœud du problème. La rousse était trop passionnée, trop imbriquée dans ce qui ne pouvait être pour certain qu’un loisir ou un passe-temps et qui pourtant la faisait elle, frissonner de plaisir. Car si Oanh ne devait choisir de garder qu’une seule chose dans sa vie, se serait sans contestation le théâtre. Vivre de cette forme d’art pour l’éternité et ne plus pouvoir en réchapper, quelle belle façon de finir une vie. Ou de la commencer. Malheureusement elle s’y perdait, encore et encore et cela passait rarement inaperçu chez ces proches. Et ça, Nawel l’avait forcément remarqué, la rouquine étant trop ‘’présente’’ pour qu’on l’ignore elle et ses légers troubles de la personnalité sur lesquels elle refusait de se pencher. N’importe qui lui aurait sûrement dit de consulter. Sa mère elle, aurait ri aux éclats avant de l’encourager. Toujours dans l’excès et la fierté. Elle lui manquait, souvent. Sans aucun doute la seule personne dont elle regrettait l’absence à Salem. Aussi d’ordinaire n’essayait-elle pas d’y penser, et ce jour ne faisait pas exception.

«L’un n’empêche pas l’autre.  Tu peux très bien être une princesse et vivre au travers du peuple. Un statut de noblesse est un titre, rien d’autre. Il faudrait être idiot pour penser qu’un rang fait l’individu. En réalité, ça ne donne aucun pouvoir. Tout le monde peut s’autoproclamer roi ou reine s’il le souhaite. Mais peu sont capables de l’assumer. »

Bonne réponse. Ha elle reconnaissait bien là Nawel, toujours à donner son avis de façon toujours plus prenante que ce qu’on pouvait bien demander. Mais ça l’amusait, alors elle écoutait, la fixant intensément de son regard noir d’encre.

« Ce sont tes actes qui te définissent. »

Elle était d’accord. Comment pouvait-il en être autrement ? Pour un comédien, les paroles n’étaient rien sans les actes et la prestance de l’acteur. Les gens pouvaient bien parler et parler encore jusqu’à  l’extinction de l’espèce humaine, rien ne vallait les actes et leurs conséquences.

« Donc oui, tu peux très bien avoir l’air d’une princesse. Tu peux même avoir l’air de ce que tu veux. »

C’était bien ça le problème, elle voulait être beaucoup trop de chose à la fois. Trop de vie en contradiction pour une personne totalement saine d’esprit.

« A moins que je te surestime. »

Sourcils interrogateurs, mais Oanh eut tout juste le temps d’apercevoir ce petit sourire au coin de sa bouche. Celui révélant l’envie de la piquer et de la taquiner, après tout c’était bien pour ça qu’elle était là. Embêter la rousse jusqu’au bout du monde.

« Je parlais pour nous deux. Oanh, Antigone… C’est la même chose si on les considère comme une seule personne : moi. »

La jeune femme aimait se considérer comme un tout. La Oanh naturelle était différente d’Antigone c’était indéniable, mais aujourd’hui, Oanh était Antigone. Avec son corps, sa voix et  sa chevelure rousse en bataille. Peut-être que ses paroles n’avaient-elles ni queue ni tête, mais une fois habituée aux regards étranges et interrogateurs des autres on finissait vite par ne plus les remarquer. Et en effet elle pensait rarement aux regards des autres.

« Tu as tout à fait raison, je n’ai pas besoin de titre ou de diplôme pour me proclamer flic un jour et boulangère le lendemain. Disons que je suis Oanh, et que cette Oanh et beaucoup de chose à la fois. »

Fronçant les sourcils et la bouche pincée, seuls ses yeux rieurs trahissaient son amusement quand elle continua, entrant dans le jeu de sa compagne.

« Peut-être bien que tu me surestimes en effet… peut-être que je ne suis pas capable de jouer tous les rôles du monde et que je passerai ma vie à imiter ces tragiques personnages grecs... »

Faux soupire exagéré. Évidemment qu’elle pouvait tout jouer. Il lui suffisait de respirer pour jouer, il lui suffisait de vivre.

Reportant son attention sur le menu, elle ne fut pas surprise en entendant Nawel dicter son plat à la serveuse qui parti aussitot. Un plat basique grec qu’elle connaissait bien et qu’elle appréciait en général bien que les façon de le préparer puissent êtres multiples et que ce restaurant était pour elle d’une réputation totalement inconnu.

«Je te préviens, si c’est mauvais c’est toi qui paye. »

Oanh leva les yeux au ciel, bien consciente qu’elle ne payerait jamais son plat à Nawel, aussi immonde qu’il puisse être. D’ailleurs elle était partie tellement précipitamment de sa loge afin d’éviter de tomber sur une certaine jeune femme, qu’elle n’avait pas emporter son sac avec elle. Et çaa Nawel ne semblait pas l’avoir vraiment remarqué.

« Tu remarqueras que je n’ai même pas mes propres habits sur moi ni même de sac, alors je pense que ce soir c’est toi qui vas devoir payer pour nous deux ! »

La rousse lui lança un sourire éclatant, ravis de se faire inviter dans un si joli restaurant par une jeune femme qu’elle pourrait taquiner toute la soirée.



Dim 4 Mar - 21:29
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth
Oanh et Antigone, deux noms différents pour une seule et même entité… celle qui se trouve devant Nawel. Un sourire accueil la réponse de la rousse. Pourquoi pas ! Ce point de vue est plutôt légitime. “Oanh”, “Antigone” ou n’importe quelle autre appellation fait l’affaire pour désigner celle qui semble englober l’intégralité des rôles passés et à venir. Voir même englober l’intégralité du monde si elle le souhaite.

"Tu as tout à fait raison, je n’ai pas besoin de titre ou de diplôme pour me proclamer flic un jour et boulangère le lendemain. Disons que je suis Oanh, et que cette Oanh est beaucoup de chose à la fois."

Nawel voit la rousse comme une femme capable de tout par sa simple volonté. Il lui suffit de le vouloir pour devenir n’importe qui, pour être ce qu’elle veut. C’est pour ça qu’elle l’admire autant. Parce qu’Oanh est au dessus de n’importe quelle étiquette, de n’importe quel stéréotype. Survolant allégrement le regards des autres et faisant absolument ce qu’elle veut.
Nawel n’est pas comme ça. Le regard des autres et son pire cauchemar. Elle est enlisé dedans, comme un oiseau qui tente d’enlever un pétrole dégoulinant de son pelage. C’est une eau noire dans laquelle la brune ne cesse de se noyer au point d’en être devenue dépendante. Elle veut changer son image, rêve d’être capable d’en faire abstraction, de s’en libérer.
Mais elle n’y arrive pas. Impuissante, elle finit par jouer le jeu à essayer à tout prix d’être aimer et accepter.

"C’est possible. L’être humain est une mosaïque."

Une mosaïque , un visage aux multiples facettes dont on en découvre une de plus à chaque instant. Nawel est d’avis qu’il est impossible de décrire exactement quelqu’un.  Personne n’agit selon un schéma préétabli. L’être humain est en constante évolution et est amené à changer au cours de son existence. C’est une inconnue imprévisible dont certain aspect ne sont révélés que dans certaines situations.
On peut être quelqu’un un jour, et son exact opposé le lendemain. Pourtant, on reste toujours la même personne.

"Peut-être bien que tu me surestimes en effet… peut-être que je ne suis pas capable de jouer tous les rôles du monde et que je passerai ma vie à imiter ces tragiques personnages grecs..."

Son soupire sonne faux, ce qui fait légèrement rire Nawel. Elle sait bien qu’Oanh ne croit pas une seule seconde à ce qu’elle vient de dire.

"Tragique illusion ! Le jour où tu t’en rendras compte, tu m’appelleras, j’aimerai bien voir ça. Ce sera bien mieux que n’importe quelle comédie grecque."

Mauvais sourire. Dans son regard brille une pointe de défi.

Cependant, quelque chose interpelle Nawel.. Bien qu’elle ne doute pas une seule seconde qu’Oanh soit capable de jouer n’importe quoi, une question la taraude. La rousse est un tout, d’accord. Mais elle vit en se perdant dans ses rôles, et ça Nawel l’a bien remarqué. Alors comment fait-elle pour gérer tout ça ? Pour ne pas devenir folle ? A sa place, la brune ne tiendrait certainement pas tenu aussi longtemps, tiraillée entre tous ces masques.
Peut-être qu’Oanh bloque cela avec une forme de déni, qu’elle se voile la face. Nawel brûle de lui demander, d’essayer de comprendre et de l’analyser.
Cependant, elle ne le fait pas. Consciente de la délicatesse de ses interrogations. Elle est ici pour jouer et pour la taquiner, pas pour la froisser ou la mettre véritablement mal à l’aise. Ses mots sont là pour faire réagir, pas pour blesser.
Ce serait bête de gâcher la soirée pour assouvir sa curiosité,  elle abordera la question une autre fois.

"D’ailleurs, pourquoi le théâtre ? Non pas que ça ne te va pas, quoique… mais d’où t’es venue cette passion ?"

Elle décide de poser une autre question à la place, histoire de faire la conversation. Nawel aime ça, faire la conversation. Elle aime bavarder et préfère de loin les discussions aux longs silences. L’étudiante à besoin de bruit et d’animation pour vivre, alors elle parle. Elle parle pour affronter les autres, pour se donner des armes. Elle parle pour éviter la gêne, pour sortir tout ce qu’elle a dans la tête. D’un naturel très bavarde et volubile, Nawel à besoin de parler, de questionner, d’alimenter. Elle a toujours quelque chose à ajouter.

"Tu remarqueras que je n’ai même pas mes propres habits sur moi ni même de sac, alors je pense que ce soir c’est toi qui vas devoir payer pour nous deux !"

Nawel s’arrête pour s’attarder sur la comédienne et découvre non sans déception qu’elle a raison. Elle fait la mou avant de la dévisager avec un air blasé. Un soupire agacé s’échappe de ses lèvres et elle hausse les épaules, l’air fatidique.

"Et voilà qu’en plus de devoir te supporter durant tout un repas  je me fais arnaquée ! Vraiment, quelle vie ! Tu n’as pas honte d'extorquer une pauvre jeune fille comme moi ?”"

Nawel surjoue, la situation l’amuse plus qu’autre chose. En réalité, l’argent n’est pas un problème. Nawel n’est pas riche, mais elle n’est pas pauvre non plus. Elle vit confortablement et gère plutôt bien ses économies, d’ailleurs souvent arrondie par ses petits passages au casino. Elle peut donc très bien payer le repas pour Oanh sans risquer de devoir se restreindre en fin de mois.

"Par contre tu me revaudras ça hein. Attends-toi à ce que je débarque devant toi quand je n’aurai plus d’argent pour m’acheter à manger."

Oh ça, elle ne s’en privera pas. Voilà qui lui donne un bon prétexte pour revenir embêter Oanh, bien qu’elle n’a pas spécialement besoin d’un quelconque prétexte.

"D’ailleurs pourquoi t’es partie sans rien ? C’est pas super intelligent, heureusement que je suis là."

Tout est prétexte pour se lancer des fleurs.
code by lizzou × gifs by tumblr



#003366
Lun 5 Mar - 20:38
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel

« C'est possible, l'être humain est une mosaïque. »

Une mosaïque. Oanh elle, se voyait plutôt comme une toile d'araignée. Une immense toile tissée pendant des années et continuant de s'étendre toujours plus loin au grès de ses envies. Parfois propre, lisse et continue. Parfois trouée et déchirée dans la folie de l'instant. Les maillons représentant ses rôles, les différentes ''Oanh'' ayant vu le jour et se perdant dans le schéma complexe des fils de soie reliés les uns aux autres. Ne tenant en place que par son habilité à ne pas sombrer et les quelques nœuds initiales. Oui, Oanh était telle une toile sans araignée, attrapant ses victimes, son public du moment pour les relâcher aussitôt la prestation terminée. Et elle continuait de tisser autour du monde, attirée par ce qu'elle ne connaît pas encore mais désire si ardemment.
Et Nawel devait indéniablement être attirée par cette immense toile aux milles secrets pour s'en approcher autant. Elle avait bien de la chance que la rousse ne mange personne.

« Tragique illusion ! Le jour  où tu t'en rendras compte, tu m'appelleras, j'aimerai bien voir ça. Ce serait mieux que n'importe quelle autre comédie grecque. »

Qu'elle l'appelle ? Et puis quoi encore ? Néanmoins la jeune femme ne manqua pas la lueur de défis brillant dans ses yeux bleus. Elle doutait elle-même que Nawel le pense réellement. Sa compagne semblait la mettre sur un piédestal, ce qui était loin de lui déplaire. Elle n'avait finalement pas si mauvais goût si elle savait reconnaître le potentiel d'Oanh… Aussi continuait-elle à suivre la danse improvisée.

« Je ne suis pas sûr que ta tête soit la première chose que j'ai envie de voir lorsque mon monde s'écroulera… tu as prévu de me réconforter avec du chocolat et de la crème glacée j'espère ?! Si c'est le cas je pourrais peut-être prévoir une petite place pour toi dans mon planning de dépression. »

Elle rigola, même si au fond la rousse savait très bien que si ce jour devait arriver, elle ne s'en remettrait pas aussi facilement. Jamais en panne d'inspiration, son petit cerveau d'artiste tournait 24 heures sur 24 sans jamais hésiter sur le comment du pourquoi. Elle voulait jouer une vieille dame ? Elle jouait une vieille dame. Parce qu'elle le pouvait, tout simplement. Alors se dire qu'un jour elle ne ''pourrait'' peut-être plus, cela n'avait aucun sens. Comme de réfléchir juste avant de se coucher à quel genre de cauchemars elle flipperait le plus et d'en imaginer les moindres détails. Stupide et ridicule. Elle n'était rien de tout ça. Aussi n'y pensait-elle pas. Le monde avait déjà bien assez de problème comme ça.

« D'ailleurs pourquoi le théâtre ? Non pas que ça ne te vas pas, quoique… mais d'où t'es venue cette passion ? »

Pourquoi ? Cette question, on la lui avait souvent posé, et elle adorait parler de cette petite anecdote de son enfance. Du moins adorait-elle avant, lorsque la jeune alchimiste ne ressentait pas l'absence constante de sa mère, celle qui l'avait élevée seule, comme une sœur, une confidente et une meilleure amie. Celle qui l'avait poussé sur les chemins intraçables de la comédie. Se calant confortablement sur son siège, un petit sourire apparut sur son visage tandis que les souvenirs revenaient.

« J'avais 6 ans à l'époque et je vivais en Angleterre dans une petite ville où il faisait toujours mauvais… mais bref passons les détails. Ce jour là à l'école notre professeur nous avait à tous prêté un dictionnaire et pour jouer, nous avez demandé chacun à notre tour d'ouvrir une page au hasard et de la parcourir du doigt en fermant les yeux. Elle disait que le mot sur lequel on tomberait définirai le reste de notre vie. Bien sûr elle disait ça pour rigoler, un petit jeu enfantin pour des enfants ne rêvant que de devenir astronautes… Un par un les autres tombaient tous sur des mots anodins ou complètement extravagants, nous faisant tous beaucoup rire. A mon tour, j'ai tourné et parcouru les pages jusqu'à ce que mon petit doigt d'enfant s'arrête sur un mot : ''Théâtre''. »

Petites haussement d'épaules tandis qu'elle se perdait dans ses souvenirs.

« A l'époque je ne savais même pas ce que ça voulait dire, alors j'ai lu la définition juste à coté et je me suis dit que puisque ma maîtresse l'avait dit, je serais le théâtre et puis c'est tout. Et c'est la première chose que j'ai annoncé à ma mère le soir en rentrant : ''Maman je suis le théâtre !'' ou quelque chose comme ça. Je l'ai harceler pendant des jours avant qu'elle m'inscrive à des cours de comédie, mais je crois qu'au final elle était encore plus excitée que moi ! Et la suite tu peux très bien l'imaginer, sans compter que je n'étais pas une enfant particulièrement facile… »

Voilà, ni secret ni passé tragique et sombre à remonter en surface. Juste un dictionnaire et une petite fille particulièrement têtue pour son âge. Elle savait très bien que la plupart des comédiens goûtaient pour la première fois à l'amour de ce métier en voyant d'autre artiste à l’œuvre, inspirés par leur travail et leur passion de la scène. Oanh elle, n'y connaissait rien, venait tout juste d'apprendre le mot, et s'était déjà décidé. Le théâtre sinon rien. Et elle ne regretterait jamais.

« Et toi alors, tu es étudiante non ? Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? »

A son tour de poser des questions. Et même si pour sa part Nawel aurait très bien sa place enfermée dans une cave et bâillonnée pour ne plus lui casser les pieds, elle devait certainement avoir des projets pour le futur.

« Et voilà qu’en plus de devoir te supporter durant tout un repas  je me fais arnaquer ! Vraiment, quelle vie ! Tu n’as pas honte d'extorquer une pauvre jeune fille comme moi ? »

Honte ? Jamais. La rouquine était plutôt du genre à ne pas prendre conscience des désastres que pouvaient bien causer ses actes et paroles, alors avoir honte… sûrement pas. La ''pauvre jeune fille'' n’avait apparemment pas l’air si tracassée que ça. Ne sachant pas si celle-ci était blindée aux as ou nom, un petit restaurant ne pouvait dans tous les cas pas lui faire de mal. Même Oanh, avec son salaire plus que précaire et instable qu’autre chose à force d’être payée au spectacle au jour le jour n’aurait pas trop eu de problème à se le payer. Après de là à en inviter les stalkeuses… il ne fallait pas abuser.

« Voyons je suis toute maigre, c’est pas moi qui vais te ruiner en nourriture !»

En effet Oanh n’était pas bien grosse, ni même très grande. La faute à toutes ses années passées à parcourir le monde sans se donner de pauser et à manger ce qu’on pouvait bien lui donner. Maintenant que sa vie était stable, elle ne mangeait pas beaucoup plus.
Mais la brune n’avait pas intérêt à venir chez elle à l’improviste, elle qui aimait l’ordre et la propreté n’était pas certaine que son appartement résiste à une telle catastrophe naturelle.

«Ho oui… qu’est-ce que je ferais sans toi ? Seule et perdue dans les rues de Salem, sans un sous en poche pour nourrir Antigone ! »

Encore une fois elle surjouait. Toujours. Et à vrai dire sans Nawel, la rousse serait sûrement déjà bien installée sur son canapé, une assiette de pâte à la main en train de regarder une quelconque série télé probablement pourrie mais beaucoup trop addictive pour la lâcher avant la 8ème saison. Au moins.
Et d’ailleurs, la serveuse revenait enfin avec leur deux plats, la faisant savourer d’avance.

Mar 6 Mar - 22:25
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth
""Je suis ravie que tu penses à moi dans ton planning de dépression alors !"

Nawel ne peut retenir un air amusé face à la déclaration d’Oanh. Elle s’imagine un instant la rousse en train de déprimer et l’image ne colle pas du tout au personnage qui se tient devant elle. Cette fille ? Déprimer ? C’est tellement improbable.

Puis la comédienne se met à lui raconter d’où lui est venue sa passion pour le théâtre. Elle écoute son histoire avec calme et attention. Elle trouve l’histoire d’Oanh assez mignonne dans le  fond. Elle l’imagine lorsqu’elle avait 6 ans, petite, dans sa salle de classe. Comment était-elle à l’époque ? Est-ce qu’elle lui ressemblait déjà autant ? Peut-être avait-elle des cheveux plus courts ou plus longs et d’une autre couleur. Nawel essaye de s’imaginer l’Oanh du passé, avec un visage plus enfantin et innocent, digne d’un enfant, et des yeux prêts à dévorer le monde.

Souvent, quand on demande à quelqu’un d’où lui vient sa passion, on entends souvent la même histoire. La personne a eu un déclic quand elle était petite, en voyant un match à la télé, ou bien une oeuvre d’art dans un musée. Nawel n’échappe pas à la règle. Elle se souvient du jour où elle a annoncé à ses parents qu’elle voulait faire du karaté. Elle avait vue un athlète mettre à terre son adversaire lors des Jeux Olympiques. Elle avait alors décidé qu’elle voulait faire pareil avec les gens de sa classe à la recré.
Ça n'avait pas du tout plu à ses parents.

Pour Oanh, c’est différent. Tout vient d’un mot désigné au hasard sur une page d’un dictionnaire. Hasard ou bien destin, Nawel n’en sait rien. Elle ne croit pas spécialement au destin mais doit bien avouer que cette histoire à un petit côté ironique.
En tout cas, c’est terriblement original, c’est terriblement Oanh.

"Et bah, sacrée histoire. Mais ça ne m’étonne pas trop de toi finalement, et puis, ça t’a plutôt bien réussis."

Elle lui sourit, l’air doux. Nawel a beau être très centrée sur elle même, quand les autres parle, elle sait écouter. D’un naturel très bienveillante, l’histoire d’Oanh était dans un sens plutôt touchante.

"Alors comme ça tu as vécu en Angleterre ? J’ai passé ma vie là-bas. C’est clair que ce n’est pas très réputé pour avoir du beau temps !"

La perspective d’avoir vécu dans le même pays à la même époque, et de se retrouver à Salem l’amuse un peu. Comme quoi, les deux jeunes femmes ont aussi des choses en communs et à partager.

"Dire qu’on aurait pu se connaître avant ce monde ! Quel dommage !"

Ou pas. Le ton redevient un peu sarcastique. Dire que Nawel aurait déjà pu l’embêter dans l’ancien monde !

"Et toi alors, tu es étudiante non ? Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?"

La question la ramène à la réalité et Nawel ne peut s’empêcher une moue contrariée. Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? Quels sont tes projets d’avenir ? Quel métier veux-tu faire ? Durant toute sa vie on lui avait posé ces mêmes questions sans jamais lui donner une seconde de répit. A chaque fois, la jeune femme inventait une réponse au hasard pour qu’on la laisse tranquille. Elle n'en avait jamais aucune idée, et surtout rien à foutre.
Alors elle était ainsi passée de vétérinaire à paléontologue, puis de biologiste à dessinatrice, et enfin d’informaticienne à ingénieure en environnement.
Ca avait l'air de satisfaire les adultes, visiblement ravies de faire face à une jeune fille avec de beaux projets.
Quelles conneries !

"Plus tard ? Tu veux la réponse sérieuse ou la réponse conventionnelle ?"

Dans ses yeux brillent une pointe de mystère.

"Voyons je suis toute maigre, c’est pas moi qui vais te ruiner en nourriture !"

Elle n’a pas tout à fait tort. La comédienne n’est pas bien et encore moins grosse. A croire qu’elle ne mange que très peu. Mais ça ne voulait pas dire grand chose, elle pouvait très bien être mince mais avoir un appétit monstrueux.

"Ca ne veut rien dire ça. Je me méfie de toi."

La brune lui lance un faux regard sceptique. Elle n’est se doute bien qu’Oanh n’est pas du genre à manger exprès pour la ruiner, mais sait-on jamais.

"Ho oui… qu’est-ce que je ferais sans toi ? Seule et perdue dans les rues de Salem, sans un sous en poche pour nourrir Antigone ."

Le ton surjoué de la comédienne lui donne envie d’insister encore plus dans ce sens. Elle veut jouer à ça ? Très bien. Nawel aussi est très douée pour exagérer.

"Je sais Oanh, je sais… Je n’ose même pas imaginer ce que tu ferais sans moi... Ma présence t’es indispensable. Mais ne le répète pas trop, ça me gêne !"

Elle hoche la tête d’un air conciliant, comme si elle prenait sur elle. C’est évident que ça ne la gêne absolument pas, au contraire. Même si le ton est plaisantin et pas sérieux, c’est toujours agréable de recevoir des compliments et d’être caressé dans le sens du poil.

La serveuse arrive à leur table avec deux plats dans la main. Une pointe d’appréhension monte. Nawel n’a aucune idée de ce qu’elle va exactement mangé et espère vraiment que ce ne sera pas trop mauvais. Ca l'ennuierait vraiment.
Le plat déposé devant elle, la brune remercie la serveuse avant de se concentrer sur ce qui se trouve à présent dans son assiette. Elle observe, analyse et tente d’évaluer. Son regard oscille entre Oanh, son plat, Oanh, son plat.
Elle finit par lâcher un soupire. Au final, le plat à l’air plutôt appétissant. De la viande de chèvre accompagné de pommes de terres et autres légumes rôties. Ce ne sont pas ces derniers que redoute Nawel, mais plutôt la viande. Elle ne raffole pas de chèvre tellement de chèvre et espère que son goût ne sera pas trop... bizarre. Bah, dans le pire des cas elle s'improvisera végétarienne le temps de ce repas. Ou bien elle mangera dans le plat d'Oanh, au choix.

"Bon et bien… bonne appétit !"

Advienne que pourra.

code by lizzou × gifs by tumblr



#003366
Mer 7 Mar - 17:50
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel

« Je suis ravis que tu penses à moi dans ton planning de dépression alors ! »

Penser à elle ? Si Nawel acceptait de s'autoproclamer punching-ball pour qu'elle puisse la frapper autant de fois qu'Oanh en sentirait le besoin alors oui, elle penserait à elle. En un sens, cela pourrait effectivement lui remonter le moral de se défouler un peu sur la brune. Evidemment il faudrait penser à la baillonner d'abord. Un punching-ball qui parle, ce n'est jamais très thérapeutique.
Mais plus sérieusement, la jeune femme espérait ne jamais en arriver là. Déprimer, ça craignait.

« Et bien sacrée histoire. Mais ça ne m'étonne pas trop de toi finalement , et puis, ça t'as plutôt bien réussis. »

Pour une fois que Nawel n'essayait pas de trouver ses faiblesse pour l'asticoter, la rousse en fut surprise. Au fond, elles ne se connaissaient pas vraiment, leurs joutes verbales et taquineries masquées étant loin de pouvoir être considérées comme la base d'une relation solide, même si au fond Oanh les appréciait. Un peu. Au moins sa compagne du jour avait-elle raison, ça lui avait bien réussis. Pour rien au monde elle ne reviendrait en arrière, ne laisserait ses mains glisser sur une autre page et sont petit doigt d'enfant s'arrêter sur un autre mot. Jamais. Sa vie avait peut-être des hauts et des bas, beaucoup d'ennuis et de complications, un salaire précaire et un appartement trop petit, mais au moins avait-elle la chance de vivre son rêve. D'autres s'arracheraient un bras pour ça. Il lui en fallait peu pour être heureuse, et beaucoup trop à la fois. Mais le fait de vouloir à la fois l'accessible et l'inaccessible sans distinction, de désirer le monde à la façon d'une artiste, Oanh trouvait là une très belle façon d'occuper une vie, Salem ou pas.

« Tu ne dirais pas ça si tu voyais la taille de mon appartement ! »

Elle en riait, car honnêtement son logement lui allait très bien malgré ses dires et protestations constantes. Après tout elle vivait seule, ne trouvant pas l'intérêt d'une maison spacieuse et comptait  bien à ce que ça reste ainsi. De nouvelles chaises ne seraient néanmoins pas du luxe…

« Alors comme ça tu as vécu en Angleterre ? J'ai passé ma vie là-bas. C'est clair que ce n'est pas très réputé pour avoir du beau temps ! »

Un point commun, Oanh en grimaça. Si la brune devenait encore plus collante sous prétexte qu'elles avaient toutes deux, dans une vie antérieur, habité le même pays elle allait se tirer une balle. Et qu'elles aient pu se connaître avant ? Non merci. Croisant les bras sous sa poitrine, la jeune femme prit un air faussement dégoûté.

« Je dirais plutôt qu'elle chance ! Je crois que quelques heures avec toi c'est déjà trop, alors toute une vie… non merci. »


Oanh ne peut s'empêcher de voir une petite moue se dessiner sur le visage de Nawel. Apparemment elle avait mit les pieds en plein dans un sujet sensible concernant son avenir. Peut-être rêvait-elle de devenir baron de la drogue.

« Pourquoi pas la réponse qui vient du cœur ? Tu sais je ne parle pas forcément d'un métier… Quand j'avais 5 ans je voulais être un avion. »

Sa mère en avait rit pendant des semaines, lui demandant sans cesse quand ses ailes allaient pousser et si elle consommerait beaucoup de carburant pour se moquer d'elle. Aussi Oanh trouvait-elle tout à fait normal de ne pas savoir quoi faire de son avenir. Personne ne savait. La rousse jouerait-elle un  plombier asthmatique le lendemain, ou bien une boulangère ou une danseuse orientale ? En tant qu'Envie, elle mieux que personne savait à quel point le monde pouvait être attirant, et se concentrer sur un métier au détriment des autres lui avait toujours semblait triste et injuste.

« Ca ne veut rien dire, je me méfie de toi. »

Oanh avait beau être particulièrement dur à vivre, au moins ne se goinfrait-elle pas de sucrerie ou de gâteau à chaque pause, et ne finissait pas forcement toujours ses plats aussi succulents soient-ils. De ce coté là la brune n'avait aucun soucis à se faire. Néanmoins elle se contenta de hausser les épaules, l'air mystérieuse.

« Je sais Oanh, je sais… Je n'ose même pas imaginer ce que tu ferais sans moi… Ma présence t'es indispensable. Mais ne le répète pas trop, ça me gène ! »

Gênée, Nawel ? Elle en doutait. Cette dernière devait sûrement rayonner intérieurement devant ses propres compliments. Aussi Oanh se décida enfin à la faire redescendre sur terre d'un petit regard narquois.

« N'abuse pas trop, la seule personne à qui tu pourrais bien manquer, c'est à toi-même jeune fille. »

Les plats arrivant enfin, la rousse regarda avec envie son propre repas déposé devant elle. Il était temps, elle crevait de faim. Maniaque un jour, maniaque toujours, Oanh aligna parfaitement son assiette avec son verre et ses couverts de part et d'autre. Ce trait de caractère, jamais elle ne pourrait s'en défaire, elle le savait et s'en accommodait parfaitement. Chez elle, tout était parfaitement rangé et aligné de façon ordonnée et symétrique, suivant un schéma que seul son esprit pas tout à fait sain pouvait remarquer et crier au scandale face au désordre du monde.

« Bon appétit ! »

Tout en observant Nawel prendre sa première bouché, elle s'obligea à patienter pour voir sa réaction et enfourna elle-même sa fourchette dans le plat, savourant la tendre viande du bœuf. Divin.

« J'ai bien fait de te laisser choisir pour moi c'est délicieux ! Alors cette chèvre ? »

Cette dernière phrase, elle l'avait sorti avec une pointe d'amusement et un petit sourire au coin des lèvres. Elle attendait.

Sam 10 Mar - 22:05
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth
"Tu ne dirais pas ça si tu voyais la taille de mon appartement !"

Nawel sourit simplement, sans se joindre au rire de la rousse. Elle n’entendais pas cela par le terme “réussir”. Pour elle, l’argent est quelque chose de surfait. Elle n’ira jamais jusqu’à dire que ce n’est pas important, car dans un monde comme celui-ci où l’économie le régit, ce serait mentir. Mais ce n’est pas sa première préoccupation. Nawel n’est ni du genre dépensière, ni radine. Elle est même plutôt du genre à s’en foutre.
Alors la petite taille de l’appartement d’Oanh n’est pas spécialement un problème.

Puis celle-ci croise les bras en prenant un air dégouté.

"Je dirais plutôt qu'elle chance ! Je crois que quelques heures avec toi c'est déjà trop, alors toute une vie… non merci."

Nawel ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel d’un air amusé. Elle était persuadée qu’Oanh ferait une remarque dans le genre. Elle aurait dû parier, au moins elle aurait gagné quelque chose. Elle décide de ne pas réagir et se contente d’un éclat de rire.

"Pourquoi pas la réponse qui vient du cœur ? Tu sais je ne parle pas forcément d'un métier… Quand j'avais 5 ans je voulais être un avion."

La brune hausse un sourcil, dévisageant Oanh du regard. Elle l’imagine soudainement en avion, sa tête à la place du cockpit.  Elle ne peut s’empêcher de retenir un grand sourire devant cette vision absurde, et se dépêche de chasser l’image de sa tête avant d’éclater de rire. Elle ajoute quand même, ironique:

"Tu ferais un bel avion."

La réponse qui vient du coeur hein ? Nawel réfléchit un instant avant de soupirer et d’afficher un air sérieux. Très bien. Plongeant ses yeux bleus dans ceux d’Oanh, elle lance:

"Je veux conquérir le monde."

Elle fixe Oanh pendant un instant, essayant d’analyser sa réaction face à une telle déclaration. A chaque fois qu’elle l’annonce à quelqu’un, il y a majoritairement deux types de réactions. Soit les gens affichent un air surpris et ne comprennent pas comment elle est capable de dire une chose pareil, soit les gens pensent que c’est une plaisanterie et se contente de lui rire au nez. Dans les deux cas, ils ne la prennent pas au sérieux.
Et ça à tendance à beaucoup l’agacer. C’est pour cela qu’elle garde souvent ça pour elle et évite de le dire à n’importe qui. Elle en a marre.

"Sinon, de façon plus conventionnelle, j’hésitais entre des études de physiques, de psychologie ou bien de littérature. La physique pour comprendre le monde, la psychologie pour comprendre les hommes, et la littérature pour comprendre la pensée. Je te laisse deviner ce que j’ai choisis."

Elle se demande si Oanh tombera juste.

Elle a choisi la littérature, après un long dilemme avec elle même. Se décider entre ces trois filières si distinctes n’avait pas été facile. La première qu’elle avait abandonné, c’était la psychologie. Comprendre l’être humain, la façon de penser… c’était hyper attirant mais… L’être humain en valait-il vraiment la peine ? Pour Nawel, ce n’était pas le cas. Elle n’avait pas envie de passer son temps à réfléchir aux problèmes des autres. Elle savait que ça aurait fini par miner son propre moral.
Pour la physique ensuite… ça s’était un peu jouer à pile ou face. Peut-être qu’elle n’avait finalement pas envie de se casser la tête à manipuler des équations complexes. Ou peut-être que finalement elle n’avait pas envie de percer les mystères du monde, parce que c’était plus beaux ainsi ?
Elle même ne sait plus trop bien.

"N'abuse pas trop, la seule personne à qui tu pourrais bien manquer, c'est à toi-même jeune fille."

Nawel grince des dents, puis décide d’ignorer aussi cette remarque-là. Dès qu’il s’agit de parler son égo ou de son orgueil, le déni la rattrape bien trop facilement.

La fourchette dans une main et le couteau dans l’autre, son attention se reporte sur son plat. Le moment du combat final entre l’étudiante et la viande de chèvre arrivait. Avec une pointe d’appréhension, Nawel découpe avec précision un bout de viande.
Elle goûte à quelques légumes avant le moment fatidique. Ceux-ci sont excellents. Mais en sera-t-il de même pour la viande ? Elle finit par porter sa fourchette à sa bouche, un peu curieuse du goût que ça allait avoir.

"J'ai bien fait de te laisser choisir pour moi c'est délicieux ! Alors cette chèvre ?"

Elle mâche, une fois, deux fois, et tente d’analyser ce goût nouveau qu’elle a dans la bouche. Sur son visage il ni a ni dégoût, ni illumination. Elle fait un peu la mou, ce n’est pas mauvais certes, bien que le goût de la chèvre soit un peu particulier. Mais ce n’est pas bon non plus, pas aussi savoureux que ce à quoi elle espérait. Elle ne parvient donc pas à cacher une petite pointe de déception.

"Boarf. C’est pas si mauvais mais… tu aurais pu mieux choisir."

Elle a l’air d’un enfant déçue du jouet qu’on lui a offert.
Cela dit, les légumes au four qui accompagne la viande sont vraiment excellent. L’avis est donc mitigé.
Et puis cet air de déception disparaît de son visage et Nawel retrouve son air enfantin en enthousiasme. Puisque le plat d'Oanh est soit disant délicieux, il fallait qu'elle le goûte ! Nawel est le genre de personne à manger à tout les râteliers. Tout est prétexte pour goûter et pour avoir un petit peu de nourriture gratuite.

"Fais-moi goûter le tiens !"

Elle la regarde avec des yeux brillants, plein d'espoir.
code by lizzou × gifs by tumblr



#003366
Lun 12 Mar - 19:04
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel

« Tu ferais un bel avion. »

Ho ça elle n'en doutait pas. Elle aurait eu les ailes les plus brillantes de la planète, le moteur le plus rapide et son nom écrit en gros sur son ventre. Un magnifique avion. Nawel ayant l'air de trouver ça tout aussi drôle que sa mère quand elle l'avait appris à l'époque, la rousse se dit que finalement, elle avait peut-être bien fait d'abandonner l'idée.

« Je veux conquérir le monde. »

Clair, net et précis. Oanh sourit. Ca lui paraissait être un plan tout à fait respectable et peut-être même plus réalisable que de devenir un avion. Le monde, elle le connaissait pour l'avoir parcouru pendant des années, à la recherche d'on ne sait quoi, on ne sait où. Peut-être à cette époque cherchait-elle Salem, un monde qui ne ressemblait à rien d'autre. Un monde pour ceux qui n'ont leur place nul part ailleurs. Alors cette idée de conquérir le monde, elle ne la trouvait pas si surprenante que ça. Après tout, tout finissait bien un jour par être conquis. Il suffisait des bonnes personnes au bon moment, du grain de folie que seuls les rêveurs pouvaient comprendre et d'un paquet de passion et de détermination. Si Nawel avait tout ça, nul ne le savait, pas même Oanh. Néanmoins elle ne doutait pas de sa détermination.

« Pour le coup j'imagine que tu devras te contenter de Salem, car personnellement je ne sais pas comment on fait pour repartir d'ici ! Mais j'espère que tu te souviendras de ma magnifique personne quand tu seras maître du monde ! »

Elle en riait, mais n'en pensait pas moins. Se la mettre à dos alors que celle-ci pouvait conquérir le monde d'un jour à l'autre semblait être une mauvaise idée. Oanh ne dirait certainement pas non aux avantages. Peut-être même pourrait-elle se vanter d'avoir passé une soirée au restaurant en sa compagnie.

La rousse l'écouta lui parler de ses choix d'études avec intérêt. Elle qui n'avait jamais hésité concernant ses études de comédie n'aurait pas dit non à toutes les formations du monde. Elle aurait voulu apprendre à être plombier, secouriste ou encore prof. Malheureusement, le système semblait ne pas être adapté aux gens comme elle. Ceux qui rêvent trop pour se contenter de ce qu'ils ont. Ceux qui veulent tout et bien plus encore. Ceux qui demanderaient la lune si celle-ci leur était accessible et redemanderai à jouer à la caissière juste après.
Oanh elle, n'aurait probablement jamais pu choisir entre ces trois matières représentant un tout. Encore une fois l'idée que le système éducatif les pousse toujours plus à choisir ne lui plaisait guère. Aussi elle réfléchi calmement, se donnant quelques secondes avant de répondre. Car honnêtement, elle n'en avait aucune idée.

« Je ne sais pas trop… tu n'as pas vraiment l'air d'une physicienne, et comme tu es venue à la représentation d'Antigone et que t'as l'air de t'y connaître je pencherai plus sur la littérature. J'ai tord ? »

Ou alors la philosophie… Haussant les épaules, Oanh retourne à son plat, observant la brune tester les légumes, puis la viande avant d'afficher une petite moue. La jeune femme retient un sourire, sa compagne du soir ne semblant apparemment pas très enthousiasmée par la chèvre dans son assiette.

« Boarf. C'est pas si mauvais...tu aurais pu trouver mieux choisir. »

Et rater sa mine déconfite et déçue ? Sûrement pas.

« Fait moi goûter le tiens ! »

Oanh faillit recracher sa nourriture. Toussa et la foudroya du regard. Partager sa merveilleuse viande de bœuf ? Et puis quoi encore. Rapprochant son assiette afin de l'éloigner de la brune apparemment non satisfaite de son propre plat, la rousse souleva son verre et son couteau, comme prête à se défendre.

« Je te préviens tu n'as pas intérêt à toucher à ma nourriture ! Tu vas mettre tes microbes partout et je vais mourir d'une maladie rare et incurable ! »

Bon ok, elle exagérait. Mais le partage de nourriture n'était pas prévu quand elles avaient commandé. Levant un sourcil aussi roux que ses cheveux, Oanh la défia du regard.

« Mange ta chèvre, c'est bon pour la santé et ça rend moins collant. »

C'était beau d'espérer. Nawel moins collante ? Ça n'arriverait probablement jamais.

Jeu 15 Mar - 19:09
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth
Nawel scrute le visage d’Oanh, dans l’attente de sa réaction. Sera-t-elle de ceux qui lui rit au nez ? De ceux qui ne comprennent pas ? De ceux qui la méprisent et la trouvent aliénée ?
Mais non, la rousse se contente de sourire. Un vrai sourire, qui plus est. Pas de sarcasme ni de moqueries. Elle la prend au sérieux, acceptant sa déclaration sans trop se poser de question. Et cela fait plaisir à Nawel.
L’absence d’un quelconque jugement et cette réaction plutôt favorable lui réchauffe le coeur et là soulage un peu.

"Pour le coup j'imagine que tu devras te contenter de Salem, car personnellement je ne sais pas comment on fait pour repartir d'ici ! Mais j'espère que tu te souviendras de ma magnifique personne quand tu seras maître du monde !"

C’est vrai que maintenant qu’elle est piégée ici, le seul monde auquel elle a accès, c’est Salem. En soit, son arrivée dans ce nouveau monde n’a pas vraiment changer son objectif, ça l’a juste un peu modifié.
Physiquement, ce n’est plus la Terre qu’elle va devoir conquérir, mais Salem. Sur le coup, ça l’a un peu attristé. Elle l’aimait bien, la Terre. Elle admirait les paysages qu’il y avait, les peuples qui y vivaient. Physiquement, c’était beaux. Est-ce que Salem peut se vanter d’être aussi merveilleux ? Nawel n’en sais rien.
Mentalement, par contre, c’est beaucoup plus intéressant. Les connaissances de la Terre sont les mêmes ici. Mais à Salem, il y a quelque chose en plus: la magie. Cela a fait surgir de nouveaux mystères, de nouvelles choses à apprendre et à comprendre. Et pour ça, Nawel est ravie.
Parce que pour elle, conquérir le monde à une signification bien particulière. Elle veut tout voir, tout vivre, tout comprendre, tout savoir et tout découvrir. Elle veut fouler chaque sol, admirer chaque étoile, courir dans toutes les rues, se baigner dans toutes les eaux, rencontrer des milliers d’individus, accéder à un maximum de connaissance et percer tous les mystères…
C’est comme ça qu’elle le conquerra, le monde. C’est comme ça qu’elle en sera maître.

"Salem me va très bien aussi. Je me demande même si ce n’est pas plus intéressant ! Mais ne t’en fais pas, j'essaierai de me souvenir de toi !"

Retourner dans l’ancien monde ? Nawel ne sait même pas si elle en a envie. Est-ce que, si la situation se présentait, si on trouvait un jour un moyen de faire marche arrière, elle partirai d’ici pour retourner sur Terre ? Est-t-elle prête à de nouveau tout abandonner ?
Elle est bien, à Salem, elle s’y sent plutôt à l’aise. Alors est-ce que ça vaudrait vraiment la peine ?

"Si on t’en donnait l’opportunité, tu retournerais sur Terre toi ?"

La question l’intéressait. Est-ce que Oanh est du genre à regretter sa vie sur Terre ou s’est-elle adaptée à Salem ? Nawel pense que cela doit être très différent pour tout le monde. Parmis les gens qu’elle connait, tous ont plus ou moins accepter cette nouvelle vie, elle comprit. Probablement parce que personne n’avait d’autre choix. Mais si maintenant ils avaient le choix de faire le chemin inverse, que se passerait-il ?
Elle n’aura probablement jamais la réponse.

"Je ne sais pas trop… tu n'as pas vraiment l'air d'une physicienne, et comme tu es venue à la représentation d'Antigone et que t'as l'air de t'y connaître je pencherai plus sur la littérature. J'ai tord ?"

Nawel sourit. Pas mal. Oanh a visé juste. Cette clairvoyance couplée à la réaction de tout à l’heure sur l’objectif de Nawel lui fait gagner des points dans l’estime que la brune à pour elle.

"Pas mal pas mal… Belle analyse ! Cela dit, j’aurai très bien pu être juste une fan mordue de théâtre. "

Mais ce n’est pas son cas.
Et puis à l’attente de sa demande, Oanh manque de recracher ce qu’elle a dans la bouche. Elle la foudroie du regard, éloigne son assiette de Nawel comme un animal qui protège son repas.

"Je te préviens tu n'as pas intérêt à toucher à ma nourriture ! Tu vas mettre tes microbes partout et je vais mourir d'une maladie rare et incurable !"

La brune affiche un air triste, presque dégoutée. C’est quoi cette absence totale de générosité ? Et puis comment ça elle avait une maladie rare et incurable ! Partager son plat avec elle était donc si insoutenable pour Oanh ?

"Alleeeez ! T’assure pas ! Je t’offre le restaurant dans ma grande bonté et toi tu ne veux même pas me faire goûter un tout petit bout ?"

Regard enfantin, comme un gosse qui essaye de convaincre ses parents de lui acheter ce qu’il veut. C‘est presque comme si elle n’arrêtait pas de murmurer “S’il te plait ! S’il te plait ! S’il te plait !” jusqu’à ce qu’Oanh craque. Elle en serait capable, mais pas au restaurant. Elle se contente donc d’un regard qui se veut attendrissant.
De toute façon, Nawel ne cédera pas. La brune est bornée et elle est bien décidée à goûter le plat d’Oanh. Après tout, elle a réussi à la suivre’attraper après sa représentation, à la suivre dans la rue et même à l’inviter à manger ! Ce n’était pas un bout de boeuf qui allait l’arrêter.

"Ça serait dommage que je me souvienne que tu n’as pas voulus me nourrir quand je serai maître du monde..."
code by lizzou × gifs by tumblr



#003366
Lun 19 Mar - 18:36
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel

« Salem me va très bien aussi. Je me demande même si ce n’est pas plus intéressant ! Mais ne t’en fais pas, j'essaierai de me souvenir de toi ! »

Plus intéressant, sans aucune doute. Salem restait Salem, la ville de tous les possibles. La ville d’un rêve et d’une autre époque. On l’aime, on la chéri, on la hait. Une cité magique et fière qui semblait inébranlable.  Le surnaturel que l’on pensait tous inaccessible revenait ici à n’être qu’une simple banalité. Un enchantement de tous les jours qui finirait probablement par tous leur brûler les yeux à force de s’ébahir, émerveillés sans même penser à les refermer de peur de rater une étincelle. Car il ne fallait pas oublier que Salem, c’était la ville des péchés. Magiques et colorés, mais des péchés quand même. Et comme tout le monde Oanh oubliait elle aussi la nature de la ville pour ne se préoccuper que du bon côté. Petite, elle aurait tout donné pour devenir magicienne, jouer des tours farfelus et émerveiller les pupilles de ses amis en sortant un lapin du chapeau. Et elle serait montée sur scène, comme toujours. Claquant des mains pour faire apparaître les flammes, soufflant des cascades d’arc-en-ciel pour colorer la nuit et repousser les cauchemars. Un rêve de gamine qui aujourd’hui pouvait peut-être devenir réalité. Car Oanh n’oubliait jamais ses rêves. Elle les rangeait soigneusement dans un recoin de ses pensées, enfouis sous ses exubérances du moment et son trop plein de créativité. Et quand venait la bonne heure, elle les ressortait, comme si tout naturellement elle s’y était attendue. Comme si le foutoir dans sa tête n’avait au final ni haut ni bas. Ni fond, ni sommet. Ni début, ni fin.
Alors évidemment, la ville était parfaite pour que la brune puisse assouvir ses besoins de supériorité. Puisqu’Oanh voulait toujours tout, une dictature dans sa propre ville ne pouvait que l’exciter davantage. Et puis c’était tout de même bien plus grandiose que de faire sortir un lapin du chapeau, elle le reconnaissait volontiers.

« Si on t’en donnait l’opportunité, tu retournerais sur Terre toi ? »

Oui. Non. Elle ne sait pas. Choisir ? Elle ne l’a jamais fait, pourquoi commencer. Dans sa ville natale au bord de mer, la rousse avait toujours ressenti un vide. Profond et inhabituelle. Grouillant dans son ventre comme un cauchemar dont elle oubliait toujours la fin.
La fin, c’était Salem.
Alors pour ne plus jamais rien ressentir de tel, elle répondrait non. Pour revoir sa mère, elle dirait oui. La jeune femme est une boule compacte de contradiction, lui laisser le choix reviendrait à s’asseoir et se condamner à attendre pour l’éternité.

« Je ne sais pas. Oui. Non. Ma mère me manque. Tu sais ce que je voudrais ? Un passage spatio-temporel pour pouvoir me balader entre les deux mondes ! Et toi ? »

Oui, un passage qui lui permettrait de venir et repartir. Ne plus avoir à s’imposer des choix comme le monde semblait si heureux de le faire. Alors elle avait parlé très sérieusement, avec ses yeux rieurs et sa tête nonchalamment appuyée sur sa main, accoudée à la table. La rousse était curieuse. Comme toujours, on ne changeait pas les bonnes habitudes. Nawel désirait-elle au fond retourner dans sa vie d’antan dont finalement elle ne connaissait presque rien ?
Oanh prit un air sournois, n’en manquant jamais une pour la taquiner.

« Si un jour tu pars, je crois que je vais terriblement te manquer. »

Honnêtement, elle en doutait quand même. Oanh n’était pas assez orgueilleuse comme sa compagne pour se sentir irremplaçable, elle jouait juste le jeu. Si la rousse devait un jour disparaître, elle se ficherait bien des pleurs et des heureux qu’elle laisserait derrière elle. Non, seul son jeu suffisait. Ce n’était pas Oanh qui marquerait les esprits. C’était Antigone et tous les autres rôles qu’elle avait bien pu jouer depuis ses 8 ans. Depuis qu’un fichu dictionnaire lui avait ouvert la voie et qu’elle ne s’arrêtait plus que pour respirer. Alors manquer à quelqu’un, elle s’en fichait. La réponse de la brune l’intéressait néanmoins, certaine de se faire piquer à son tour.

A vrai dire son analyse concernant les études de Nawel tenait plus du hasard qu’autre chose, mais la jeune femme était tout de même assez contente d’avoir visé juste. Déchiffrer les gens, elle savait faire et se félicitait de connaître assez la brune pour facilité la chose. Même si en soit, se rapprocher d’elle revenait à foncer tout droit dans une tempête de sable sans même avoir prit la peine de s’habiller. Ça faisait mal, sans aucun doute.

« Alleeeez ! T’assure pas ! Je t’offre le restaurant dans ma grande bonté et toi tu ne veux même pas me faire goûter un tout petit bout ? »

Sa grande bonté ? Oanh avait oublié son sac et donc son argent par sa faute. Essayer de la fuir était pire que de tenter de ne pas attraper la grippe pendant l’hiver ! Sa nourriture, personne n’y toucherait. Et il ne valait mieux pas que Nawel compte sur son petit regard implorant de chien battu pour parvenir à ses fins. Car ce genre de technique sournoise de marchait pas sur elle. Presque pas.

« Ça serait dommage que je me souvienne que tu n’as pas voulus me nourrir quand je serai maître du monde... »

Quelle garce. A force de papoter entre fille de tout et de rien Oanh en avait presque oublié la nature tellement insupportable de sa voisine de table.

« D’abord ta ‘’grande bonté’’ tu peux te la garder, je n’aurais qu’à courir hors du restaurant pour ne pas avoir à payer. Ensuite t’as qu’à manger ta chèvre si tu as si faim que ça ! Tu feras la difficile quand tu domineras le monde, pas avant. »

Oanh fronçait les sourcils, fixant Nawel pour l’intimer à ne pas trop s’approcher de son plat. Malheureusement pour elle, son regard était trop innocent et attendrissant pour que la rousse reste de marbre. Alors elle soupire et fait la moue, vexée de ne pas avoir tenue plus longtemps. Son entêtement étant finalement bien fragile face à la brune, elle se promis de rectifier ça. Plus tard. Elle s’avouait vaincue.

« Bon très bien t’as gagné… tu peux goûter mais seulement un petit peu. Ne viens pas te plaindre quand tu grossiras parce qu’à force de manger les assiettes des autres tu deviendras énorme ! »

Bon certes, c’était de la mauvaise fois. Nawel ne semblait pas peser bien lourd et ce n’était pas un peu de bœuf qui allait changer grand-chose. Néanmoins râler semblait être la solution à tous les problèmes. Alors elle râlait.
Un regard toujours mécontent posé sur la voleuse de plat, Oanh repoussa l’assiette vers elle.

« Et puisque c’est comme ça je vais goûter le tiens. »

Il n’y avait pas de raison à ce qu’elle soit la seule à profiter des deux plats.


Sam 24 Mar - 19:23
Comédie grecque - ft. Oanh Khuê L. Rainsworth

"Je ne sais pas. Oui. Non. Ma mère me manque. Tu sais ce que je voudrais ? Un passage spatio-temporel pour pouvoir me balader entre les deux mondes ! Et toi ?"

Nawel repense à tous ceux qu’elle a laissé derrière elle. Tous ceux qui sont restés sur Terre alors qu’elle, elle a disparue.  Comment vont-ils ? Que sont-ils devenus ? Cela fait un moment maintenant qu’elle est à Salem. Son monde originel à dû bien changé depuis son départ. Ou peut-être pas, en fait. Si ça se trouve, l’Espace-Temps ne s’écoule pas de la même manière à Salem. Nawel n’en a aucune idée.
Et puis surtout, pensent-ils à elle de temps en temps ? La brune s’est souvent torturée l’esprit en essayant de répondre à cette question.
Si oui, ils devaient sans doute être triste. Perdre un membre de sa famille ou un être cher, c’est quelques choses de terribles. Nawel l’a déjà vécu, elle le sait bien. C’est toujours difficile pour ceux qui sont laissés derrière, ceux qui restent vivants. Sa famille doit sûrement penser qu’elle est morte. Alors que pas du tout. Elle est bien vivante, mais ailleurs.
Ou bien dans le cas contraire, ils ne pensent même plus un instant à elle. Comme si au final elle ne manquait à personne. Comme si elle n’existait plus.
Dans les deux cas, évoquer cette question délicate avait plus tendance à l’attrister qu’à lui fournir de vrai réponse. Ainsi, elle a décidé d’arrêter d‘y penser.

"C’est pas mal comme idée. Une brèche dans l’espace-temps pour voyager dans la dimension qu’on veut… j’aime bien."

La solution d’Oanh est plutôt séduisante. Pouvoir, à l’infini, changer à sa guise de monde, ça donne envie.

"Plus qu’à trouver des physiciens pour construire tout ça !"

Nawel rit. La probabilité que l’être humain parvienne à une telle avancée scientifique est loin d’être nulle. Au fond d’elle, elle est même persuadée que l’Homme arrivera à un tel exploit un jour. Cependant, elle pense que ce ne sera pas le cas avant bien longtemps. Peut-être des centaines voir des milliers d’années.
Même si cette avancée était possible, Nawel avait le temps de mourir une bon nombre de fois avant de pouvoir le vivre.

"Si un jour tu pars, je crois que je vais terriblement te manquer."

Nawel sourit. La phrase commençait presque bien, presque trop bien. Puisqu’Oanh ne perds pas une occasion de la provoquer, elle lui renvoie la balle.

"Tu as inversé les pronoms dans la phrase. C’est “tu vas terriblement me manquer”, pas l’inverse."

Elle s’arrête un instant pour considérer Oanh d’un air sérieux. Puis finit par hausser les épaules d’un air nonchalant. En réalité, si Nawel disparaissait de ce monde un jour, les rencontres qu’elle avait fait ici lui manquerait indéniablement.

"M’enfin… supposons un instant que ce soit possible que tu me manques… ce ne sera certainement pas aussi terrible que ce que tu dis ! Rassure-toi, tu n’es pas encore le centre de mon monde."

Nawel lui lance un petit regard provocateur, surtout là pour rattraper le début de sa phrase où elle avoue implicitement qu’Oanh lui manquerait. Un peu.
Bien qu’elle ne l’avouera jamais.

"D’abord ta "grande bonté" tu peux te la garder, je n’aurais qu’à courir hors du restaurant pour ne pas avoir à payer. Ensuite t’as qu’à manger ta chèvre si tu as si faim que ça ! Tu feras la difficile quand tu domineras le monde, pas avant."

Nawel affiche un air renfrogné, mais décide de repartir à l’attaque. Elle garde son air de chien battu, la suppliant du regard de céder. Et puis finalement Oanh craque. La rousse soupire, signe de la victoire de Nawel qui retrouve instantanément le sourire.

"Bon très bien t’as gagné… tu peux goûter mais seulement un petit peu. Ne viens pas te plaindre quand tu grossiras parce qu’à force de manger les assiettes des autres tu deviendras énorme !"

Nawel ricane.

"Merci de te soucier de ma santé !"

Elle hausse ensuite les épaules. Son poids et son apparence physique… elle s’en fou. Elle ne fait pas partie de ces gens qui veulent à tout prix rentrer dans les standards de beauté.  C’est bien la dernière de ses préoccupations. Manger, c’est mieux.

"Et puis tu sais, qu’importe les kilos que je prendrai. Pour rien au monde je ne me priverait du plaisir de goûter à tes plats !"

Grand sourire, elle tends sa fourchette afin de piquer une petite part de boeuf. Elle fait attention à ne pas lui prendre une part trop grande. Son but n’est pas de lui voler son plat, juste de le goûter. Déjà qu’Oanh ne voulait pas, alors par respect, elle fait attention à la quantité qu’elle prend.

"Et puisque c’est comme ça je vais goûter le tiens."

Evidemment. Si elle a le droit de goûter au sien, la réciproque est aussi vrai. Elle lui tends son assiette en souriant afin que la rousse puisse se servir.

"Tiens, te prive pas."

Si elle pouvait lui refiler le plus de chèvre possible...
code by lizzou × gifs by tumblr



#003366
Lun 26 Mar - 17:38
COMÉDIE GRECQUE
Rainsworth
Oanh Khuê L.
Huxley
Nawel

« C'est pas mal comme idée. Une brèche dans l'espace-temps pour voyager dans la dimension qu'on veut… j'aime bien ! »

Tout ça faisait très science-fiction, et ce n'était pas tellement son truc. Oanh préférait les comédies dramatiques, la tragédie et le suspens. Les robots et entités futurs semblaient bien trop loin de son petit monde théâtrale. Un jour peut-être. Pour l'heure tout cela était trop lointain pour qu'elle se perde à l'imaginer. Et pourtant, la possibilité de retourner un jour dans son monde la tentait. Pour un jour ou pour toujours. Pour une mère qui n'avait rien d'autre qu'elle. Et c'était réciproque. Alors la rousse s'imaginait parfois se réveiller dans son lit familial, la voix de sa mère l'appelant dans la chambre d'à côté et les odeurs d'un bon repas se rependant dans son esprit encore embrumé de rêve. Le rêve, c'est Salem. La ville qui s'accapare sans jamais rendre. La ville d'un songe d'été. Et elle se trouverai bête de cette illusion enfantine, soulagée d'être de nouveau chez elle. A la maison. Regrettant au plus profond d'elle cette cité qui aurait pu lui plaire. Sauf que Salem n'était pas un rêve. Du moins la jeune femme n'avait-elle jamais réussi à s'en réveiller. Au lieu de ça, des péchés et des fantasmes à tous les coins de rue, sans compter Nawel. Inlassablement présente.

« Plus qu'à trouver des physiciens pour construire tout ça ! »

Pour ça il ne fallait certainement pas compter sur elle. Les maths et la physique, la rouquine avait abandonné il y a un bon paquet d'année, heureuse de se donner entièrement à la littérature et à sa passion du théâtre. Pourquoi faire des calculs à rallonge quand il suffisait de parler, parler et parler encore. Elle se savait de mauvaise fois. Sans toute cette élite scientifique elle aurait pu dire adieu à son téléphone et ses séries télés tellement addictives. Néanmoins le sale boulot, elle préférait le refiler à d'autre et ne s'en cachait pas.

« En tout cas vaut mieux pas compter sur moi pour ça ! »

Vu son humour douteux le monde risquait bien de se retrouver avec des portails dimensionnels rose fushia ornementés de figures emblématiques de l'histoire. Sans parler des répliques des plus grands classiques littéraires en guise de mot de passe pour y accéder. Non, mieux valait ne rien lui laisser d'aussi important entre les mains…

« T'as inversé les pronoms dans la phrase. C'est ''tu vas terriblement me manquer''. Pas l'inverse. »

Ba voyons. Oanh hausse leva les yeux au ciel, pas le moins du monde surprise par cette réplique de la brune. Elle s'y était attendue.

« M’enfin… supposons un instant que ce soit possible que tu me manques… ce ne sera certainement pas aussi terrible que ce que tu dis ! Rassure-toi, tu n’es pas encore le centre de mon monde. »

Avouer à demi-mot qu'elle allait lui manquer avait du lui brûler la langue. Oanh en ria, ne sachant pas vraiment si elle devait la prendre ou non au sérieux. C'était parfois le problème. A force de trop jouer, elles se perdaient dans leur propre mise en scène. Aussi la jeune femme se contenta de lui rendre son petit regard provocateur.

« Et toi non plus tu ne l'es pas ! Alors je ne vois pas pourquoi tu devrais autant me manquer. »

Elle ne l'avouerait jamais, mais leurs joutes verbales lui manquerait indéniablement. Comme un joueur de tennis sans partenaire, lançant inlassablement des balles sans jamais se les voir retourner. Nawel elle, savait parfaitement les lui relancer avec entrain et motivation. Sans jamais voir la fin du jeu.

Oanh hausse les épaules. La santé de sa partenaire de table, elle s'en fout pas mal tant que celle-ci ne lui refile pas de maladies étranges. Et qu'elle grossisse ou maigrisse, c'était son problème. La seule raison pour laquelle Oanh surveillait parfois son poids, c'était pour préserver certains rôles. Qu'aurait donné une Antigone obèse ? Sûrement un comique personnage dont elle se serait elle-même moquée. Non pas qu'elle ai vraiment des sacrifices à faire et beaucoup de travail pour surveiller sa ligne, elle qui ne mangeait presque rien.

« Et puis tu sais, qu’importe les kilos que je prendrai. Pour rien au monde je ne me priverait du plaisir de goûter à tes plats ! »

Évidemment, toujours le dernier mot pour l'embêter. Car Oanh n'aimait pas partager. Fille unique et enfant gâtée par sa mère, prêter les jouets semblait pour elle semblable à se débarrasser d'une partie de son être. Ce qui lui appartenait, elle le gardait sauvagement, tel un dragon veillant sur son trésor de rouille. Aussi elle se contente de faire la moue, laissant avec mécontentement Nawel goûter à son plat. Car elle sait très bien que celle-ci ne l'aurait pas lâché avant d'avoir eu satisfaction.
A son tour, la rousse se sert dans l'assiette de sa voisine. La viande de chèvre était bonne, mais elle préférait tout de même son propre plat et récupéra donc sa propriété non sans fusiller la brune du regard.

« Je préfère quand même le mien… »

Soucieuse que sa voisine ne lui en vole pas plus que nécessaire, la jeune femme se dépêcha de terminer son assiette, surveillant Nawel du coin de l'oeil.

Contenu sponsorisé

Comédie grecque || PV NAWEL ||
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Seven Salem :: Dans les murs de Salem :: Centre Ville-
Sauter vers: