SEVEN SALEM EN BREF
Un soupçon de sorcellerie, une pincée de pouvoir, une poignée de péché, un poil de liberté et un bon gros morceau d'étrangeté. Mélangez le tout et obtenez Salem, ville de recommencement. Un havre de paix bizarre, mais agréable. Un lieu de magie et de surnaturel, de spectacle et de jamais vu. Salem est là pour te surprendre jeune Sorcier, et elle compte bien réussir. Elle enivrera tes sens peu importe qui tu es et où tu vas, tout en te laissant cette liberté que tu n'as jamais eu. Tu seras libre d'oublier ton passé et tes erreurs, pour te concentrer sur l'avenir.
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[Sato] En tête à tête autour d'un livre
avatarCalysta Beaumarché
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Dim 6 Mai - 18:42
Calysta marchait tranquillement dans des rues au hasard ne cherchant rien de particulier. Le nez toujours en l'air pour regarder les enseignes qu'elle dépassait. Une boucherie, un magasin de souvenirs, une taverne ou un bar, une bibliothèque, une parfumerie...

- Attends... quoi?

Calysta se retourna et regarda le bâtiment en face d'elle. Une grande bibliothèque et a priori ouverte. Elle sourit et pénétra dans l'antre de littérature. Rien de mieux qu'un endroit où le savoir était gardé précieusement pour en apprendre plus sur cet étrange pays.
En avançant un peu plus loin dans la grande salle, elle eût un plaisir immense en voyant des colonnes et des colonnes de livres. Il y en avait partout, à 360°. Son sourire s'élargit d'autant plus. Il n'y avait pas grand monde dans pièce. Une personne pour être exact. Celle-ci était de dos, devant une étagère certainement entrain de lire.

- Ah. Je vois que je ne suis pas seule à être mordue de connaissances. chuchota-t-elle.

Elle fît un tour rapide pour avoir une idée globale des ouvrages à disposition et en choisit un aléatoirement pour s'asseoir à la table la plus proche. Pourquoi aléatoire? De toutes manières, elle les liraient tous alors celui-ci ou un autre n'importait guère.

...Une odeur de flamme le réveilla. Un feu immense dévorait ses amis, sa famille. Lorsqu'il plissa suffisament les yeux pour mieux voir les petites formes devant lui, il vît 4 hommes...

La jeune adulte voulu voir ce que faisait l'autre lecteur. Il s'était également assis à une table pour lire. Calysta l'ignora et replongea dans ce qui ressemblait à un roman.

...L'homme-arbre poursuivit ses agresseurs. Ils avaient des torches en main. Pourquoi étaient-ils venus brûler sa famille?...

Elle rejeta un coup d'oeil furtif derrière elle. Il était toujours là. A nouveau, elle se retourna et continua sa lecture.

...Ils avaient des torches en main. Pourquoi étaient-ils...

Calysta soupira. Trop de curiosité la dévorait elle n'en pouvait plus. Elle se leva, et s'assît à la table où se trouvait le jeune homme. Il ressemblait plus à un adolescent qu'à un adulte. Vu son style vestimentaire, il devait avoir être aisé. Au moins. Il était blond et l'étudiante le trouvait mignon. Mignon comme on le dirait à un chaton sans défenses .
Elle toussota pour se faire remarquer et fît son plus beau sourire pour paraître amicale. Malheureusement, son sourire "du masque" paraissait toujours faux.

- Alors toi aussi tu aimes lire? dit-elle d'un ton mielleux.
Mar 8 Mai - 22:28
Plusieurs fois, ce même phénomène étrange t'était arrivé. C'était à des moments complètement au hasard, où tu avais l'impression de te détacher de ton corps. Pas que tu sois des plus rationalistes, ni terre-à terre, mais tu devais bien avouer que c'était étrange. Bien évidemment, tu n'avais pas de problèmes avec le surnaturel, la seule chose était que tu n'y croirais que si on te prouvait que ça existait. De même, tu n'y croirais pas si on t'apportait la preuve que ça n'existe pas, mais en attendant, tu ne prenais aucun parti. En fait, tu prends rarement parti, tu n'es pas du genre à te joindre à grand nombre de causes certes, mais surtout parce que c'est ce qu'on demande en cas de conflit, sachant que le conflit était quelque chose que tu craignais trop pour vouloir y prendre part. Sauf si c'était pour tenter de les résoudre, là, tu n'hésitais jamais à y aller dans l'espoir de calmer tout le monde. À savoir si ça marchait ou non, les résultats étaient divisés, mais au moins, tu essayais. Et essayer était justement ce que tu comptais faire aujourd'hui, profitant de l'absence de professeurs pour te renseigner à la bibliothèque principale du lieu. Tu aurais pu aller dans celle de ta faculté, mais les documents concernaient principalement les phénomènes scientifiques, ce qui ne semblait pas, en apparence, coller avec la question que tu te posais en ce moment. Ou plutôt, tu ne trouvais pas le bon filon à exploiter question science, donc c'était assez difficile d'aborder ce terrain là, donc peut-être qu'en exploitant le filon surnaturel, tu trouverais le penchant rationnel et tu arriverais, en combinant les deux, à trouver au moins un semblant d'explication à cette situation. À force d'y réfléchit, tu as fini par te prendre en main et chercher de l'aide auprès des livres, faute de réelle interaction avec autrui pour diverses raisons.

Timidité, voire peur du regard des autres, crainte de déranger, et plein d'autres, en quelque sorte, tous les prétextes étaient bons pour éviter trop de compagnie, car cela faisait partie de ton caractère, d'avoir des défauts, ou des qualités trop exacerbées pour ton propre bien. Ce n'était pas comme ça que tu allais changer, et tu n'en avais pas envie. À peine entrée dans la bibliothèque que ton regard avait fureté partout à la recherche d'un coin isolé. Heureusement, les jours de semaine, c'était presque vide, voire vide si on excluait le personnel. Si tu t'en sentais capable d'ailleurs, tu aimerais y postuler, mais tu devais encore faire tes preuves avec celle de l'université, à tenter de porter les nouveaux arrivages dans des cartons presque trop lourds pour toi. Très vite alors, dans une volonté de te faire discret, tu te dirigeas vers les rayons, n'osant pas demander où tu pourrais trouver de la documentation pour les sujets dits ''occultes'', et puis, tu avais fréquenté pas mal de bibliothèques à l'époque, tu pourrais peut-être t'en sortir. Jetant un œil aux étagères, des titres te parlaient, d'autres moins, quelques uns étaient familiers, d'autres non, il faut dire, tu venais parfois ici, empruntant autant de bouquins que ce que tu achetais à la libraire...faudra vraiment que tu ranges tes étagères un jour ou elles vont s'effondrer. Regardant les titres avec des yeux un peu moins éteints que d'ordinaire, tu n'y trouvais cependant pas ton bonheur, alors tu continuais à errer jusqu'à trouver un petit ensemble de livres qui semblait pouvoir répondre à ta question. Tu en pris un, regardas la quatrième de couverture, une fois reposé, c'était au tour de l'autre, et ça aurait pu continuer ainsi jusqu'à ce qu'une voix te fasse savoir que tu n'étais pas seul. Quand bien même tu n'avais pas distinctement entendu les mots, seule la résonance t'en informait, et d'instinct, tu baissas la tête, plutôt gêné, tu espérais cacher ton visage rosissant avec tes cheveux ainsi.

Ce n'est qu'une fois sûr de ne plus avoir personne aux alentours qu'il reprit son parcours entre les livres. Finalement, aucun des précédents n'avaient semblé le satisfaire, alors il se rabattait sur autre chose, cherchant un ouvrage quelconque, n'ayant pas de goûts particuliers dans les livres, tant que la lecture était intéressante, et finalement, après plusieurs pas, il trouva quelque chose. Pour le coup, il fût rassuré d'être seul dans les environs, car devoir se mettre sur la pointe des pieds pour peiner à atteindre un livre avait un côté assez ridicule donc il n'avait pas très envie d'être surpris en plein dans son action pouvant être source de rires. Raison pour laquelle il espérait tout autant ne pas avoir fait trop de bruit, n'ayant pas envie de se faire remarquer, plus jamais. Le regard allant à gauche puis à droite, il souffla de soulagement  en voyant l'espace vide autour de lui et s'en alla à une table non loin, le cœur toujours battant, il ne se calma qu'une fois assis, son ouvrage ouvert à la préface. Finalement, il avait opté pour un roman sur le surnaturel, pas un truc très basé sur les explications mais c'était dans le sujet tout en étant à première vue intéressant. Il ne savait pas si comme lui, il arrivait au protagoniste de se séparer de son corps et de pouvoir pourtant se déplacer sans comprendre ce qui lui arrive, mais il ne s'en souciait pas, lisant les mots et se laissant emporter au fil des lignes, puis des pages. Mine de rien, il lisait plutôt rapidement, habitude de rat de bibliothèque que d'accélérer la vitesse oculaire afin de passer au livre suivant dès que possible, ça remonte à assez longtemps son goût pour les livres, et probablement que ce goût perdurerait encore longtemps, peut-être pas, mais ce serait très étrange dans ce cas..

Ce qui était sûr, c'était que depuis quelques temps, il était devenu rare de le voir sans un bouquin, même quand il était encore sur Terre. Ce devait sûrement être à cause du fait que se plonger dans un monde fictif lui permettait de s'oublier pendant un temps. Temps qui lui sembla bien court lorsqu'un autre son se fit entendre. Un éclaircissement de gorge sûrement, mais si le but était de capter son attention, alors c'était réussi, car le blond sursauta, manquant de lâcher une exclamation de surprise. Timidement alors, il leva son regard vers la personne l'ayant interpellé Une jeune femme, ou une jeune fille, apparemment, dont il ne chercha même pas à deviner l'âge, ayant appris que c'était rude de demander son âge à une demoiselle. Une chose était sûre, il ne l'avait jamais vu auparavant, pas une seule fois, sinon, il s'en souviendrait même difficilement, bonne mémoire visuelle oblige. Incrédule, il jeta un timide regard sur les cotés dans le vain espoir qu'elle s'adresse à un autre, mais il était bel est bien ciblé, logique vu qu'elle s'était assise en face de lui. Pourtant, il n'y avait aucune raison pour qu'ils interagissent à moins qu'elle soit plutôt sociale, en soi, il n'en savait rien. Son regard posé sur le sourire de la jeune femme, il le reposa immédiatement sur le livre qu'il lisait, se demandant s'il avait l'air aussi faux lorsqu'il souriait, mais une fois la question posée, il fût content d'avoir baissé la tête, ayant ainsi caché son visage derrière ses cheveux. Il se sentait déjà prendre les couleurs qu'il rejetait en sortant rarement de chez lui, peu habitué à parler aux inconnus, vu qu'il ne l'avait que rarement fait depuis qu'il avait atterri ici. À cause de cela, il lui fallut plusieurs secondes où il n'était en mesure que de balbutier très faiblement  des mots peu compréhensibles puis il inspira un bon coup, pour se reprendre, et souffla afin de se détendre un peu, après tout, il n'y avait aucune chance que cette inconnue lui veuille du mal pas vrai ?

« En...en effet...c'est...euh...on peut dire que...j'y trouve mon compte... »

Le rythme cardiaque accéléré pourrait faire croire à une phobie sociale, peut-être qu'il en souffrait un peu, mais il peinait tellement à trouver ses mots dans ce genre de situation imprévue aussi, mais tentait de ne pas le montrer à son interlocutrice, assez vainement mais il essayait...
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Jeu 10 Mai - 0:05
Calysta regardait ce jeune homme devant elle. Après avoir posé sa question, il était tout chamboulé, il avait le regard qui montait et qui descendait. Il rougissait à vue d’œil. L'étudiante eût un fou rire mentalement. Mais il pensait cacher quoi sous ses cheveux?

- En...en effet...c'est...euh...on peut dire que...j'y trouve mon compte...

Elle prît un temps pour scruter et analyser chaque détails qu'elle avait devant elle. Il était tout chétif et essayait d'éviter le regard de son interlocutrice. Pas forcément petit mais pas non plus très grand. Des bras minces et un petit... bracelet de sport?
Calysta releva la tête et dévisagea le garçon d'un air sérieux. Celui-ci se décomposait de plus en plus à chaque seconde qu'elle le fixait. Quelque chose ne collait pas. Un garçon si timide, si frêle et pourtant dans un club de sport?
Cette fois, ses yeux étaient tournés vers le garçon, mais ne le regardaient pas vraiment. Son regard portait à beaucoup plus loin, traversant le jeune homme, comme si il n'existait pas. Les rouages du cerveau se mîrent à tourner.
Quelques secondes plus tard, un sourire se dessina sur les lèvres de l'apprentie psychologue. Cette fois, ce n'était non pas un sourire de politesse mais un sourire de plaîsir.

Quelqu'un d'intéressant. Quelqu'un qui n'était pas vide comme tous les autres. Un magnifique bijou.

Son sourire disparut...

Quelle bande d'ignorants abrutis qu'étaient son ex-entourage. Le pousser à arriver ici sans être capable de voir qui il était faisait serrer les dents à Calysta. Ils étaient aussi aveugles que les soit-disant experts qui trouvent des pierres précieuses mais ne les remarquent pas à cause de la saleté autour.
Avec lui, c'est pareil. Il faut gratter la saleté pour voir briller de mille feux un extraordinaire diamant. Reste à savoir quelle est la saleté accrochée pour l'enlever avec les bons outils. Il était clair que ce gars était une perle.

Calysta se retourna sur son banc et s'allongea en arrière. L'arrière de la tête posée sur la table, le bras gauche complètement allongé sur la table et la main droite tenant le livre du bout de l'index et du pouce son roman devenu bien fade à ses yeux au-dessus d'elle, faisant semblant de le lire.
Elle laissa s'écouler une bonne minute, laissant le malaise monter pour mieux briser le silence. Celui-ci deviendrait trop lourd, même pour quelqu'un comme lui...

Calysta leva les yeux de son livre pour regarder le garçonnet. Quel âge avait-il? Maintenant qu'elle voyait sous ses cheveux, elle pouvait décrypter ses mimiques et ses réactions faciales. Seul problème, elle le voyait à l'envers.

- Comment t'es arrivé ici, toi? dit-elle comme si de rien était.

Elle avait les yeux grands ouverts et attendait chaque minuscule micro-mouvement. La moindre information pouvait en dire très long sur quelqu'un et Calysta n'en manquerait pas une miette.
Ven 11 Mai - 20:45
Le semblant de joie d'avoir réussi à faire une phrase cohérente avait très vite laissé place à une gêne croissante, que tu tentas de dissimuler notamment en réprimant un rire d'embarras qu'il t'arrivait de faire souvent. N'étant pas à l'aise avec la personne quand bien même tu l'étais avec le sujet, tu peinais à dire plus quand bien même tu le voulais. Sa question semblait attester du fait qu'elle aime aussi la lecture, ce qui malgré tout, réussissait à te détendre un peu, mais pas à te rendre moins méfiant, car tu ne l'étais pas de base, craintif certes, méfiant, tu n'y arrivais pas, qu'importe le nombre de fois où on t'avait conseillé de l'être, et encore plus le nombre de fois où ça t'avait joué des tours. Le regard de la jeune fille posé sur toi te mettait mal à l'aise, n'osant pas relever la tête pour l'observer, et presque automatiquement, ta main gauche vint serrer ton poignet droit, celui portant le bracelet de sport, le triturant un peu dans une tentative de te calmer, ne sachant pas ce qui se déroulait actuellement. Certes, elle voulait sûrement discuter, mais tu n'étais pas vraiment doué en la matière pour le moment, et ce devait sûrement être un choix par défaut, puisque tu n'avais, pour ainsi dire, rien d'intéressant à tes yeux, et c'était très bien comme ça. Tu pouvais au moins essayer de faire un effort, mais c'était très difficile avec ce genre d'impression familière d'être une proie prise au piège, que tu restais actuellement obstiné à nier. Après tout, elle était venue te parler malgré tout, restait polie et sympathique, donc elle devait être quelqu'un de bien, sans hésiter, c'était juste une habitude perdue que de devoir faire la conversation, surtout dans ces jours où tu ne t'y étais pas préparé, déjà que même si tu te préparais, ce n'était pas aisé non plus.

Tu retournas alors à ton livre, où tes yeux s'étaient posés, et tu commenças à parcourir les lignes sans vraiment les lire, ni les comprendre, comme un langage étranger, impossible à traduire, et puis les lignes devenaient floues à force de trop les regarder, te poussant à cligner des yeux plusieurs fois et à te le frotter un peu. Tu préféras attribuer ça à la fatigue, parfois trop fatigué pour dormir, tu savais que les jours précédents, tu n'avais pas lésiné sur les heures passées à dormir, ayant même parfois recours à des somnifères, mais leur consommation restait rare, car généralement, l'épuisement psychique suffisait à t'assommer quand tu n'avais pas assez d'énergie pour faire quoi que ce soit. C'était juste dans ces jours où tu préférais dormir que de penser à des choses qui de toute façon, te blesseraient. Fuite en avant, la seule chose de positive était qu'isolé ainsi, tu ne recevais plus d'attaques, même si tu ne recevais plus de réconfort, persuadé que de toute façon, tu ne le méritais pas. Ça restait difficile de ne plus penser à ce qui s'était passé avant d'arriver ici, ayant appris le nécessaire pour comprendre que ça n'avait vraisemblablement rien de lié à ton monde d'origine. Il n'était pas vraiment possible de s'échapper, surtout sans itinéraire, donc autant accepter cela et s'accommoder à la vie ici, pas forcément désagréable. Et puis, si une partie de toi voulait revenir d'où tu venais, une autre s'y opposait, persuadée que rien ne t'y attendait. C'est à elle que tu donnais raison, car tu t'en voulais d'avoir voulu mourir, et de le vouloir encore, de temps en temps, et ici, rien ne t'y poussait encore, donc malgré certaines choses, tu te disais que ce monde n'était pas si mal, même si repartir ne te serait pas facile, peut-être que t avais effectivement une chance ici...

Alerté par le changement de position de la jeune femme, le blond lâcha une exclamation de surprise en relevant un peu la tête, montrant une expression inquiète, de peur qu'elle ne se fasse mal, sans pourtant oser dire quoique ce soit alors qu'elle semblait de nouveau revenue à sa lecture. Baissant de nouveau la tête, il n'arrivait pas à l'occulter de son champ de vision, regardant ailleurs, et crut voir une sorte de tatouage à son poignet. Quand bien même il n'était peut-être pas le seul à être arrivé ici de manière étrange, ça lui faisait quelque chose de s'accrocher à l'espoir que quelqu'un soit dans sa situation, à vrai dire, il ne s'attendait pas à en rencontrer, ce qui le rassura un peu plus, et renforçait l'impression positive qu'il avait d'elle. Il en avait de tout le monde, certes, c'est juste que là, il avait quelques raisons de plus. Ce n'est qu'après qu'il réalisa le poids du silence qui commençait à se faire sentir. De plus en plus lourd sur lui, l'impression d'étouffer le prit alors que rien ne se produisait, le fait d'être déconcentré de sa lecture, de voir une interlocutrice muette alors qu'elle semblait pouvoir dire quelque chose à tout moment, c'était surtout ça qui le mettait mal à l'aise. Pourtant, il n'osait pas le briser, si elle lisait effectivement, il ne voulait pas la déranger, mais d'un autre coté, se détourner, voire s'en aller serait impoli, comme s'il n'avait pas d'autre choix que de la laisser maître de la conversation, par peur d'y participer de manière importune. Le regard allant tantôt à gauche, puis à droite, lui-même ne savait pas ce qu'il cherchait, ce qu'il attendait, et vint automatiquement la peur d'avoir dit quelque chose qu'il ne fallait pas, ou bien d'avoir fait quelque chose qu'il ne fallait pas, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, alors le revoilà à paniquer intérieurement, le palpitant repartant.

Ce n'était que pour mieux le faire redescendre lorsque le silence fut rompu par une question à la fois incongrue et normale. Incongrue car dans toute situation normale, elle n'aurait aucun sens. Normale parce que ça confortait son idée, qu'elle ait aussi atterri ici, comme lui. Surpris au départ, ce qui le poussa à cligner des yeux plusieurs fois, il resta alors silencieux pour mieux assimiler la question. Une part de lui ne comprenait pas la question, à croire qu'il y avait différents moyens d'arriver ici, peut-être par bateau, mais il ne lui semblait pas en avoir déjà vu lorsqu'il avait fait un tour au bord de mer. Ou bien par les airs, mais l'absence d'avions était une problématique similaire à la précédente, quand dans un univers réaliste, c'était les deux seuls moyens d'arriver sur une île s'il n'y avait pas de tunnel souterrain certes, mais pas tous les endroits ne pouvaient se le permettre. Les arrivées ne pouvaient se faire qu'à des moments improbables, avec l'usage de sacrées drogues hallucinogènes si c'était le cas, où bien il y avait un autre moyen. Après tout, plusieurs planètes voulait dire tout autant de mondes, et même si cela n'a toujours pas été prouvé, il restait une chance qu'autre part, des intelligences, des vies différentes existent, et cet endroit en semblait la preuve, du moins, c'était ce qu'il croyait tant que le contraire n'était pas prouvé, mais après tout, si ce n'était pas la technologie sur-développée, la magie pouvait très bien faire partie intégrante d'une vie. Certes, beaucoup de phénomènes du passé ont pu être expliqués par la science, mais l'un n'empêchait pas l'autre, d'autant plus que la science pouvait paraître comme une forme de magie aux yeux de certains. Ainsi, ce monde pouvait très bien alimenter la théorie des multivers auxquels certains, croyaient, et il commençait justement à rejoindre ces dites personnes.

« Pour être honnête...je me le demande aussi... »

Répondit-il enfin en pinçant sa lèvre inférieure entre son pouce et son index, où il mit quelques secondes, ou minutes, de réflexion supplémentaire avant de reprendre.

« C'est assez étrange mais je me dis que c'est peut-être un autre univers...enfin...je crois aux multivers et...peut-être que quelqu'un ici nous a découvert et a trouvé le moyen de téléporter les terriens en ce lieu...Enfin ce n'est qu'une théorie et je ne suis sûrement pas clair, mais c'est toujours plus plausible que l'enlèvement extraterrestre...désolé... »
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Mar 15 Mai - 14:25
La fille aux cheveux argentés le regardait réfléchir à sa question, se pincer les lèvres, ses yeux allaient de gauche à droite et de haut en bas signifiant qu'il passait rapidement de "Mémoire visuelle" à "Création" puis "Pensées" jusqu'à "Vérification de la plausibilité de la théorie". Rien de particulièrement spécial. C'était même banal, tout le monde faisait pareil à la seule exception qu'il allait un peu plus vite que le reste de la plèbe. Ce garçon était un livre ouvert... Non. Même pas. C'est comme si il disait à voix haute tous les mécanismes intellectuels qu'il usait pour arriver à ses fins.
Deux choses l'une: soit il se cachait derrière cette façade facile à décrypter, soit il était cette façade banale. A tous les coups, il avait tellement vécu dans le déni et dans l'auto-protection qu'il ne savait plus comment être réellement honnête et dire ce qu'il avait sur le cœur... A tel point qu'il cachait tout sous une surface de sourires.

Calysta plissa très légèrement les yeux, signe pour elle qu'elle se concentrait et que son cerveau tournait à plein régime. Elle cherchait une solution pour le déstabiliser suffisamment pour qu'il ne puisse pas répondre l'une de ses réparties toutes cuites pour mettre fin à la conversation mais pas trop sinon il prendrait ses jambes à son cou.
Lorsqu'elle lui coupa presque la parole alors qu'il déblatérait ses théories --plausibles, même intelligentes, mais pas ce qu'elle attendait-- , elle parla sur un ton sec, coupant même.

- Je ne te demandais non pas le cheminement de ton arrivée, mais l'événement qui l'a provoquée. Je ne suis pas dupe, je sais très bien que tu as compris ma question et que tu l'évites.

Lorsque la jeune femme jeta un œil volontairement évident à son bracelet, le garçon en face d'elle se crispa, comme si elle regardait une partie intime de son corps... Ou comme si il espérait "qu'elle ne l'ait pas vu". Ce regard aussi elle le connaissait bien, même à l'envers elle le reconnaîtrait sur n'importe qui. C'est le regard qu'on lui lance juste avant qu'elle perce un secret douloureux à jour.
L'étudiante reprit, toujours sur un ton froid mais moins cinglant:

- Enchantée, je m'appelle Calysta. Comme toi, je suis arrivée ici après ma tentative de suicide. Je suis sûre que tu es un jeune homme brillant et j’exècre les conversations creuses et superficielles. Tourner autour du pot n'est pas mon grand fort et je suis persuadée que tu as besoin de passer à travers ton masque pour respirer à nouveau sinon tu vas finir par recommencer à essayer de finir ta vie.

Elle insista sur les mots "suicide" et "finir ta vie" pour le toucher assez fort et piquer sa mémoire pour provoquer une réaction nouvelle. Rares étaient ceux qui ne perdaient pas leurs moyens après une telle approche.
Calysta jouait au Triangle de Karpman avec lui. Cet homme avait vécu toute sa vie en position mentale de "Victime" et n'est jamais sorti de ce statut pour ne pas faire de mal aux autres. Il était temps qu'il se décoince. Si il est arrivé ici, c'est qu'il y avait quelque chose --ou quelqu'un-- qui pourrait l'aider.

D'un geste las, la femme posa son livre sur la table, montrant que toute son attention était tournée vers le blondinet et qu'il ne pourrait pas esquiver la conversation aussi facilement qu'il avait l'habitude de le faire dans son ancienne vie.
Mar 15 Mai - 22:57
Après ce ridicule rire d'embarras qui suivait tes explications, tu laissas de nouveau le silence planer pour laisser à ton interlocutrice la possibilité de répondre. Pas que tu aurais pu continuer à déblatérer sur le sujet encore plusieurs minutes -mais presque- c'est juste que tu savais à quel point c'était impoli de perdre les autres dans une masse de donnés que seules certaines personnes pouvaient comprendre. Donc pour éviter ça, tu avais appris à couper court tout seul à tes explications, car après tout, elle avait bien demandé la manière -et non la cause- par laquelle tu avais atterri ici, enfin de ce que tu avais compris, car tu n'étais pas forcément doué avec ce qui relève du double discours, du moins si elle en avait fait usage. Soit tu disais la vérité, soit tu détournais le sujet, soit tu tentais de mentir, mais jamais tu ne disais plusieurs choses en quelques mots. Tu avais besoin de temps pour réfléchir, et encore plus pour exprimer tes idées qu'elles soient suffisamment claires pour toi en espérant qu'elles le soient pour les autres, donc parfois, et même souvent, ça t'arrivait de t'étaler en plus de mots que nécessaire, et tu ne pouvais pas t'en empêcher, tes efforts en la matière étaient souvent vains. Soit on comprenait et on te laissait parler, soit on te coupait la parole et du coup tu perdais le fil de tes pensées, à force tu avais appris à faire avec, dommage que la jeune femme en face de toi ait l'air indifférente, peut-être qu'elle attendait autre chose que tu n'as pas saisi. Tu aurais peut-être pu réaliser ce qu'elle te demandait, mais n'étant pas doué à manier ce type de mécanismes, tu l'étais encore moins à les repérer, donc tu avais répondu avec ce que tu avais compris, mais la voir plisser les yeux commençait vraiment à t'inquiéter...

Tellement que tu t'arrêtas de respirer pendant quelques secondes lorsque sa voix froide fit écho dans les environs. Fini la demoiselle sympathique, bonjour la confirmation de tes doutes. À la limite de trembler, tu fis l'effort de maîtriser cette envie alors qu'elle lançait ses mots comme on lançait des couteaux sur une cible dans les jeux du cirque. Effectivement, tu avais mal compris la question, mais même reformulée, tu n'aurais su dire si ce qui c'était passé en était la cause où juste le fruit du hasard. N'ayant pas osé demandé à quiconque une confirmation ou une infirmation, et repensant parfois à ce rêve, tu avais attribué ça au hasard d'abord, puis à la possibilité d'avoir commis un crime d'une quelconque sorte, peut-être au niveau religieux, car aux dernières nouvelles, ton casier judiciaire était comme toi : vierge. Et pas dans le sens astrologique du terme, car tu es Poissons. D'ailleurs, le signe Vierge en est l'opposé polaire, pour ceux que l'astrologie intéressent, car toi, elle ne t'intéresse que lorsqu'il s'agit de voir pourquoi certains l'estiment similaires à l'astronomie. L'astrologie n'est après tout, qu'une interprétation vague des mouvements stellaires, et les horoscopes sont juste ce qu'on nomme maintenant une lecture à froid, tu ne méprisais pas ce domaine, car il n'y a pas de sot métier, mais tu dépréciais le fait qu'on mêle les deux ensemble, voire qu'on les confonde en raison de similitudes phonétiques. Outre cela, le tatouage dont tu as hérité t'avait aussi orienté sur la piste du crime qui prenait là le nom de pêché, mais tu avais été étonné de t'être vu attribuer la Paresse et non la Luxure, peut-être par l'incapacité à résister en fin de compte, du moins peut-être avait-on jugé un certain état pire que l'autre, jugement inverse au tien. Une condition méritée suite à quelque chose qu'on t'avait appris être un crime, ce dernier aurait dû l'emporter à ton sens, puis tu avais fini par en rire, te disant que les voies du Seigneur, enfin de l'Invocateur, étaient vraiment impénétrables.

Loin d'être perdu dans ses pensées quand bien même il avait baissé la tête, l'étudiant, de par la futilité de ce geste, ne put qu'observer le visage de la jeune femme, alors au moment où le regard de celle-ci se posa à son poignet droit, où son bracelet de sport se trouvait, il se raidit encore plus que précédemment. Crispé, oui, déjà qu'il était pudique de base, le réflexe fut instantané. À peine le dessous de la table repéré qu'il y mit rapidement ses mains. C'était idiot, certes, ça prouvait qu'il avait effectivement quelque chose à cacher, mais il avait eu pendant un instant la sensation qu'elle était capable de voir à travers le tissu éponge, alors il avait préféré le cacher, on ne sait jamais, si elle n'avait pas tout vu, du moins il l'espérait. Les joues en flammes et l'inondation guettant ses yeux, il cherchait à se calmer, désormais perdu, il la pensait sympathique mais il commençait à la craindre désormais. Au moins, il n'avait pas eu tort de se dire qu'il y avait une raison pour qu'une inconnue vienne lui adresser la parole, restait à savoir laquelle. En raison de se doute, et de par une expérience passée, il se dit que quand bien même ce sentiment de peur le prenait, qu'elle ne faisait pas ça sans raison, ou bien que son intention était bonne mais maladroitement exprimée. Cette hypothèse était alors son dernier espoir avant de penser à s'en aller, mais même s'il tentait, il était sûr qu'elle réussirait à le rattraper. Pas qu'elle ait l'air d'une grande sportive, en espérant ne pas être impoli à penser ça, mais comparé à lui, elle avait probablement plus de capacités physiques que lui, qui était presque trop frêle au niveau médical, et loin d'être en mesure de faire des prouesses sportives hors se faufiler dans des endroits un peu étroits, pas brillant comme son état du moment, presque incapable d'écouter son interlocutrice, par chance, l'écho des lieux permettaient aux mots de trouver leur destinataire.

Deux insistances lui parvinrent sans réel problème ''tentative de suicide'' et ''finir ta vie'', qui primèrent sur le rappel léger qu'il n'avait pas eu la politesse de se présenter. Plus que la honte, il avait l'impression qu'elle cherchait à appuyer sur des interrupteurs, mais il ne savait pas si elle agissait ainsi parce qu'elle cherchait les points sensibles, ou bien parce qu'elle les avait trouvé et s'en amusait. Ne pouvant savoir si elle était bourreau ou sauveteur, il se savait cependant proie de cette fille, position qu'il avait l'habitude d'avoir désormais. D'une certaine manière, il finissait toujours dans cette position, n'ayant jamais su comment s'en sortir ou s'en prémunir, il avait appris à subir. Après tout, il en fallait bien un et c'était tombé sur lui, de ce qu'on lui avait dit, il avait finalement compris qu'il méritait ce qu'il lui arrivait alors il avait tendance à ne rien dire face à ça. Ses sentiments ne valant pas la peine d'être sus, il resta néanmoins muet après ces paroles, parce qu'il ne trouvait rien à dire, un blanc s'étant fait dans la conversation comme dans son esprit, il restait là, à fixer le vide un peu -enfin complètement- déconcerté. Si elle n'avait pas déposé son livre, il ne serait pas revenu à la réalité aussi rapidement, clignant des yeux et secouant la tête dans une tentative de rassembler le restant de pensées cohérentes qui traînaient de manière éparse. Il ne savait pas si c'était son but, mais si c'était le cas, c'était réussi. Mais s'il n'avait vraiment pas compris la question passée, l'avertissement présent concernant son futur était passé comme il faut, mais là, il allait jouer le dupe, et de son habituel sourire de façade, il pinça légèrement le nez de la demoiselle, prenant néanmoins garde à utiliser sa main gauche, qu'il retira le plus vite possible, puis il employa le ton du grand frère faisant des reproches sans crédibilité de par une voix enjouée et douce, bien qu'elle se suivait par sa préoccupation innée à l'égard de son prochain -qu'il faisait toujours passer avant lui- malgré le sourire qu'il conservait, le renforçant même à la fin.

« Vous ne devriez pas vous mêler autant des affaires des autres, surtout si vous avez de telles circonstances qui vous entourent ! Pensez d'abord à vous dans ces cas là ! Moi c'est Satoshi, Satoshi Hoshizora, enchanté ! »
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Mer 16 Mai - 3:10
Un silence régnait dans la salle. Il y eût une sorte de blanc malaisant après que le garçon se soit penché pour lui pincer le nez. Calysta le regardait, presque incrédule, les yeux grands ouverts et la bouche les imitant. Une expression de surprise qui devait être bien rare chez elle, surtout depuis que personne ne résistait à ses 'manigances' -hormis son très cher professeur-. Elle éclata de rire et se redressa pour enfin s'asseoir convenablement. Son dos commençait à fatiguer de tenir la même position bien loin du naturel. Son visage était passé du sévère au décontracté et sa main essuyait les quelques larmes qui coulaient sur les bords de ses yeux bruns.
Elle avait prévu qu'il panique, qu'il bafouille, qu'il soit même agressif ou fuyant... Mais une réponse toute cuite! C'était inattendu au possible. Son petit minois crispé et pleurnichard s'est voilé d'un sourire faux et d'une assurance qui tenait plus du bluff qu'autre chose. A tous les coups, c'était une phrase qu'il sortait dès qu'on devenait trop intrusif. Calysta repensa à ses différents cours qu'elle a suivi dans son ancienne vie et espérait trouver dans sa mémoire visuelle une quelconque solution à ce genre de personnes. Une multitude d’expériences lui vinrent à l'esprit mais aucun n'avait réagi ainsi. Même dans ses livres. Une chaleur nouvelle envahit son estomac et son cœur se mît à battre plus fort... Était-ce... de l’excitation?

Lorsqu'une carte jouée est dépassée par l'une des cartes de son adversaire, il suffit d'en trouver une autre dominante. Il ne fallait pas qu'elle se laisse distraire et qu'elle laisse le pilote d'auto-défense de son interlocuteur prendre le dessus. Oui, car ce n'était clairement pas lui qui parlait. Donc, après la carte de la pression, elle pouvait user de celle du charme. Ce n'était pas sa manière favorite de faire, mais... Elle arriverait à ses fins d'une manière où d'une autre. Cette fois, elle se pencha un peu en avant, très légèrement, histoire que l'ouverture de sa chemise donne presque vue sur son torse. Suffisamment pour attirer le regard, mais pas assez pour y voir quelque chose et croisa les bras juste en dessous de sa faible poitrine. Elle força son visage à être plus sympathique et plus ouvert, voir feindre la "femme faible" pour attirer la sympathie et lui donner la sensation d'être l'homme fort et pouvoir la protéger. Il voulait jouer le papa, ou le frère, alors ainsi soit-il. Elle jouerait son jeu... Et gagnerait. Dans tous les cas, à un moment ou à un autre, il laissera une information s'échapper, volontairement ou non, et c'est là qu'elle l'aura mis en échec-et-mat. C'est là qu'elle tiendra toutes les cartes en main pour appuyer sur les boutons qu'elle voudra.

- Je comprends que parfois je sois un peu désobligeante mais tu n'es pas obligé de me répondre ce que tu dirais aux autres par réflexe. Ici, dans ce monde, nous avons une nouvelle chance, une nouvelle opportunité de recommencer comme on le souhaite, d'être qui nous aspirons être. Je t'en prie, parlons à cœur ouvert et non pas cachés derrière nos masques. Comme je te l'ai dis, je n'aime pas les conversations creuses. dit-elle d'un ton mielleux

L'argentée sourit du mieux qu'elle pu, pencha la tête et lui fît un petit clin d’œil. Même si elle n'était pas un canon de beauté, Calysta se trouvait mignonne et s'appréciait pas mal en se regardant dans le miroir. En effet, elle aimait les deux côtés des chromosomes et pensait que le plaisir intellectuel pouvait s'accompagner d'un plaisir charnel. Et après tout, il était craquant ce petit blond. Finalement, elle posa son coude sur la table et la tête dans sa main. Son regard s'adoucit un peu mais elle ne s'en aperçu pas.
Ven 25 Mai - 17:41
Malgré sa surprise, tu maintenais ton sourire habituel, aussi parce que tu étais content d'avoir réussi à esquiver cette offensive. Enfin, ce n'était peut-être pas le mot, mais tu te sentais un peu moins menacé ainsi, le blanc ne mettait pas à l'aise, mais l'expérience t'avait appris à ne pas te laisser décontenancer trop facilement lorsque la conversation prenait une tournure que tu aurais préféré ne jamais explorer. Limite, on te féliciterait pour ton endurance, mais le silence fut brisé par un rire. Persuadé que ce rire était un rire d'amusement, tu ne pus t'empêcher de t'y joindre, mais tu ne tardas pas très vite à tenter de cacher ton rire derrière ta main gauche, car tu restais malgré tout craintif, trop pour sortir ta main droite de ta cachette. D'ailleurs, heureusement, tu étais ambidextre, et pas venu ici pour étudier, ta position aurait été plus délicate sinon, mais au moins, l'ambiance semblait, en ton sens, plus détendue. Déjà qu'il fallait forcer pour t'arracher quelque chose te concernant lorsqu'on était proche de toi, envers une personne inconnue, tu étais déterminé à rester tel que tu étais de l'extérieur. C'est à dire quelqu'un n'ayant aucune raison d'être malheureux, et qui est par conséquent heureux d'après la plupart des gens. D'un coup, ça te semblait plus facile, te disant que tu étais à ça de laisser tes efforts partir en fumée, te voilà content qu'elle ait visiblement reculé l'offensive, le mieux, ce serait qu'elle s'en aille, ou bien que démarre entre vous une discussion légère, qui ne te faisait jamais de mal selon la direction choisie. Malgré tout, en estompant assez rapidement ton rire, tu retins un soupir de soulagement qui aurait pu te trahir quand tu n'avais vraiment pas besoin de ça, déjà que la situation revenait en ton sens, ce serait trop bête de gâcher tes efforts après tout.

Puis elle se remit enfin en position plus confortable pour son dos, ce qui accentua le soulagement présent dans tes yeux. Essuyant ses yeux et se recoiffant -visiblement- ton sourire se fit plus doux que figé, baissant ta garde malgré toi. Mine de rien, c'était très facile de te faire baisser ta garde, pas besoin de grand chose, et c'était ça qui te jouait des tours, tu ne changeais pas malgré tout, tu étais sûr que tout le monde était gentil au fond, donc tu laissais des chances à tout le monde, parfois trop, mais tu agissais selon tes principes, c'était le plus important. En tout cas, puisqu'elle ne semblait pas partir, tu considéras impoli de garder le livre que tu lisais ouvert. Faute de marque-page, tu jetas un léger regard autour de toi et à contrecœur, tu fis la pire action possible à l'égard d'un livre, corner la page avant de refermer le livre, que tu déplaças sur le coté, en chuchotant quelques excuses à l'égard de l'ouvrage, regardant autour de toi un peu craintif à l'idée d'un regard désapprobateur heureusement absent. C'était là le signe que ton attention était pleinement reportée sur ton interlocutrice, prêt à discuter, ou plutôt à l'écouter, car tu n'étais pas très bon en ce domaine. Ta timidité évidente rendait nécessaire un peu de temps avant que tu ne puisses mener une conversation plus fluide, surtout face à une inconnue qui venait de te mettre la pression. Dire que tu t'étais senti à ça de dire une parole qu'il ne fallait pas, elle semblait avoir des problèmes à elle de ce qu'elle disait, tu ne pouvais pas te permettre de la déranger avec ce que tu jugeais comme ''tes petits tracas'', au contraire, si tu pouvais l'aider elle, tu en serais très content.

C'est pour ça que face à son attitude nouvelle, il avait fini par montrer un visage définitivement avenant, car c'était à lui aussi de faire des efforts pour qu'ils passent un bon moment après tout. Loin de faire son plus beau sourire, il n'était pas faux, mais ce n'était pas un sourire de bonheur. Ce sourire était celui contenant politesse et tendresse amicale pour la personne, ou si elle n'était amicale, témoignait néanmoins du sentiment positif qu'il éprouvait à l'égard de cette jeune femme, et surtout de toute personne avec qui il était entré même une seule fois en contact. Maintenant qu'elle semblait plus calme, il était sûr d'avoir raison en ce qui concerne les -supposées- bonnes intentions de celle-ci, alors qu'elle se pencha en avant, à croire qu'elle aimait malmener son dos, ou bien qu'il était plus petit que ce qu'il pensait, il vit qu'elle croisait les bras. Ce fut pour lui l'occasion d'adopter une posture moins raide, maintenant qu'il n'avais plus trop de raisons de l'être, et qu'encore une fois, il ne voulait pas donner une mauvaise impression de lui à la personne qu'il avait en face de lui, vu qu'elle tentait de laisser une marque positive sur lui, c'était la moindre des politesses à lui rendre. Or, il était vrai de reconnaître qu'il le faisait aussi parce qu'il se souciait quelque peu de l'image qu'il renvoyait, désireux de passer pour quelqu'un ayant juste une timidité exacerbée, mais quelqu'un de normal, voire un peu heureux. Mensonge certes, mais à ses yeux, c'était comme arranger la tête qu'on avait au saut du lit, ce qui, dans son cas, comme dans celui de la plupart des gens, ne donnait pas un résultat très glorieux, et pas seulement pour ses cheveux emmêlés. Et si son arrivée ici lui avait apporté quelque chose, c'était une plus grande facilité à prétendre, de peu, mais le gain était quand même là.

Ainsi, la ''nouvelle chance'' dont elle parlait, il pouvait la saisir, celle de ne plus avoir de raison de s'effondrer, plus rien qui le tirait vers le fond si ce n'était le principal problème qu'était sa propre personne, car à ce niveau là, il savait que l'objectif lui était impossible. Recommencer comme il le souhaitait, devenir ce à quoi il aspirait, si on prenait ces deux propositions, elles entraient en contradiction. Recommencer comme il le souhaite, il y avait bien quelque chose qu'il voulait remettre à plat dans sa vie, mais cela mêlait quelqu'un qu'il ne pouvait pas voir -faute de courage et d'informations- quant à devenir ce qu'il désirait, cela nécessiterait qu'il renonce à la première partie. Qu'importe à quel point il y réfléchissait, il ne trouvait pas la solution qui l'aiderait vraiment, craignant trop pour la première, mais ne voulant pourtant pas y renoncer en faveur de la seconde. Dès le départ, il n'avait su quoi faire, et avec cette mystérieuse soirée, il ne savait encore moins, ne sachant pas s'il devait poursuivre son but où le fuir, vouloir l'affronter mais ne pas en être capable s'avérait problématique en cette situation, et il ne pensait pas que la demoiselle tenait la solution. C'était son problème à lui après tout, mieux valait n'y mêler personne d'autre et puis sûrement que ça la dérangerait plus qu'autre chose, -en plus de paraître impoli et pleurnicheur- raison pour laquelle il restait déterminé à ne pas en parler. À la place, il avait écouté attentivement celle-ci, surtout lorsqu'elle s'est présentée, et ne parvenait pas à s'empêcher de s'inquiéter pour elle...et si au fond, elle cherchait un soutien ? Il n'était pas très doué en la matière, mais il aimerait pouvoir l'aider, à savoir après s'il lui inspirait assez confiance pour qu'elle s'ouvre à lui mais il pouvait toujours essayer...l'autre coup que ferait la pierre serait de retarder -et ainsi avec de la chance éviter- l'échéance. Ne pouvant forcer la gentillesse qu'il possédait déjà, il répondit au regard adouci par un sourire encore plus doux.

« Vous avez sûrement raison...enfin...qui sait pourquoi on est ici finalement, soupira-t-il, quoiqu'il en soit, si c'est le cas, je vous laisse commencer alors. »
avatarCalysta Beaumarché
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Lun 4 Juin - 5:22
Calysta l'avait regardé. Détail par détail après avoir scruté l'ensemble harmonieux qu'il formait. Elle l'avait écouté. Chaque phrase comme une mélodie complexe qu'un expert tenterait de comprendre lors d'un examen. La fille l'avait ressentie. Les émotions qu'il dégageait, toutes plus contradictoires les unes que les autres, nourrissait l'envie dévorante de toujours en savoir plus. Ou plutôt, toujours savoir plus de la Vérité. Le Faux ne l'attirait pas... Elle en était allergique, même.
Tout ce début de conversation l'avait exaltée et elle était entrée dans cet engrenage de quête de vérité sur sa personne.

La jeune femme avait l'habitude de charmer les hommes... Et parfois même les femmes. Et très, très rares étaient ceux qui n'avaient pas le regard qui descendait voir ce qui se passait au balcon. Et bien sûr, elle ne comptait pas dans le lot ceux qui se forçaient à ne pas regarder. C'était comme si ce garçon ... était trop ... pur?
Non. Ce n'était pas ça. Si il avait tenté de se jeter dans les bras de la mort, c'est qu'il avait un fardeau bien lourd à porter pour être "pur". Alors quoi?
Calysta eût deux neurones qui se touchèrent et une solution germa. Le fait qu'il ne regarde pas, même pas curiosité, ses (probables) scarifications au poignet, son air désintéressé de son physique...

- Très bien.

Calysta se redressa un peu et reposa les bras sur la table, puis repris.

- Avant que je n'en parle, j'aurais voulu savoir si tu avais un copain actuellement... Et si c'était à cause de lui que tu es arrivé ici.

SHPLAF! Les deux pieds joints dans le plat. Si elle avait visé juste, ça ferait mouche. Toujours. 0% de ceux qu'elle a surpris ainsi n'ont eu aucune espèce de micro-réaction. Même les meilleurs menteurs. De toutes façons, c'était elle la meilleure, alors la question ne se posait plus.

Elle se couvrit la bouche de ses mains croisées pour cacher son énorme sourire s'étant dessiné sur ses lèvres. Elle était sur le point de craquer et d'éclater de rires tellement le visage du garçonnet était devenu rouge pivoine malgré tous les efforts évident qu'il faisait pour cacher sa gêne. Et sa honte de ne pas pouvoir cacher sa gêne. Si elle le pouvait, elle se roulerait par terre tout en pleurant de rires.
Son visage si pâle devînt si rouge que ses cheveux paraîssaient être encore plus clairs que d'habitude.
Cette réaction n'avait pas de prix! Cela voulait tout dire et sans même qu'il n'ouvre la bouche, elle connaîssait déjà la réponse.

Une seconde passa.

Deux secondes passèrent.

Trois secondes et Calysta explosa d'un rire vrai et a gorge déployée. Elle se moquait de faire du bruit et des réactions alarmées de son interlocuteur, elle en avait besoin. C'était juste hilarant.
Après une petite minute pour se calmer, elle jeta un œil au garçon et il était encore tout rouge et complètement à couvert de ses mains et bras (comment était-ce possible de se couvrir autant peau que lui? Ça devait être un don). La femme balaya la salle d'un regard rapide et s'aperçut que personne n'écoutait et que d'ailleurs il n'y avait plus personne. Ils pouvaient donc faire autant de bruit qu'ils le désiraient... Mais il ne l'avait pas vu, évidemment, puisqu'il était complètement camouflé derrière ses bras maigrichons.
Calysta soupira comme le ferait une grande sœur, dépitée par les actions immatures de son petit frère.
Elle lui tapota la tête et dit d'un ton rassurant:

- Tout va bien, personne n'a rien vu ni entendu, tu ne vas pas te faire gronder.
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[Sato] En tête à tête autour d'un livre
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